• EVE - 1950

      

    EVE - 1950

     

     

     

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    Ève , un film américain de Joseph L. Mankiewicz sorti en 1950






    Distribution:

    • Bette Davis : Margo Channing
    • Anne Baxter : Ève Harrington
    • George Sanders : Addison DeWitt
    • Celeste Holm : Karen Richards
    • Gary Merrill : Bill Sampson
    • Hugh Marlowe : Lloyd Richards
    • Gregory Ratoff : Max Fabian
    • Barbara Bates : Phoebe
    • Marilyn Monroe: Miss Caswell
    • Thelma Ritter : Birdie Coonan
     

    Fiche technique:

    • T itre original : All about Eve
    • Réalisation : Joseph L. Mankiewicz
    • Scénario : Joseph L. Mankiewicz (d'après un roman de Mary Orr, "The Wisdom of Eve")
    • Photographie : Milton Krasner
    • Musique : Alfred Newman
    • Montage : Barbara McLean
    • Production : 20th Century Fox
    • Genre : Drame au théâtre
    • Durée : 138 minutes
    • Noir et Blanc
    • Date de la sortie américaine : 13 octobre 1950

      

      

      

      

    Le film est un long flash-back qui nous apprend tout sur Ève.

    Au cours de la réception de remise du prix de la meilleure actrice de théâtre, à New York, Karen, l’épouse du célèbre dramaturge Lloyd Richards, observe la lauréate Ève Harrington et se souvient de son ascension vers la gloire. Tout a commencé lorsque Karen a présenté Eve à la comédienne que cette jeune femme vénérait : Margo Channing. Ce soir-là, devant le metteur en scène et amant de Margo, Bill Samson, et sa costumière Birdie , Ève charme la comédienne au point de devenir son assistante.

    Une prochaine pièce est en préparation et Margo est évidemment pressentie pour le rôle principal malgré le fait qu'il s'agisse d'une femme d'une vingtaine d'années alors que Margo a 40 ans. Ève, carriériste et opportuniste, arrive à ses fins en allant donner la réplique à une jeune actrice lors d'une audition: on ne remarque qu'elle, Ève. Elle réussit ensuite à remplacer la doublure de Margo dans la pièce en cours. Elle place ses pions, patiemment. Comme Margo devient de plus en plus insupportable en raison de sa jalousie, sa meilleure amie Karen Richards, femme de Lloyd, auteur des pièces de théâtre jouées par Margo, décide d'aider le destin.

    Au retour d'un week-end, Margo rate son train à la suite d'une machination, et ne peut pas jouer au théâtre. Ève la remplace. Comme par hasard, la presse est présente ce soir-là et, le lendemain dans les journaux, fait presque un triomphe à Ève, notamment le redouté critique DeWitt, qui ajoute même une diatribe contre ces actrices plus âgées qui continuent à vouloir se cantonner dans des rôles de jeunes premières. Des liens se créent entre Ève et DeWitt pendant que d'autres se désagrègent, entre Margo et Ève. Margo et Bill annoncent qu'ils vont se marier. Une sorte de chantage permet à Ève d'obtenir le rôle principal dans la nouvelle pièce de Lloyd. Ève fait ensuite tomber celui-ci dans ses griffes et informe même DeWitt qu'ils vont se marier. DeWitt qui est amoureux d'Ève lui fait renoncer à ses projets car il a découvert des informations sur son passé et exerce un chantage à son tour. Ève gagne le prix Sarah Siddon. Ce même soir, elle découvre chez elle une jeune actrice et admiratrice: celle-ci commence à s'occuper des affaires d'Ève figurant ainsi la fermeture de la boucle du destin.

    Pour compléter la mise en abîme et l'aller-retour en fiction et réalité, il est à noter que si le prix Sarah Siddon a été évidemment inventé pour les besoins du film, les fous de théâtre de Chicago ont créé un prix du même nom en 1952 pour célébrer des acteurs venus sur les planches de cette ville. Bette Davis, bien que n'étant jamais montée sur les planches à Chicago, l'a reçu en 1973 de manière honorifique.

    Il s'agit du 7e film de Marilyn Monroe et elle se situe en 9e position du générique, à savoir un tout petit rôle dans un film de légende: elle est une starlette et rêve de se réaliser sur une scène de théâtre. Comme elle parle trop vite et sans réfléchir, vexant DeWitt, celui-ci l'envoie vers le producteur de théâtre Fabian, en n'oubliant pas de dénuder auparavant ses épaules. Le commentaire présent dans le film: "Well down. I can see your career rising in the east like the sun" (Bien joué. Je vois ta carrière monter tel un soleil levant) s'adresse autant à la jeune actrice qu'au personnage.

    Mankiewicz décrit un monde qu'il connaît bien et qui l'a toujours fasciné - le théâtre, à travers deux héroïnes principales : une comédienne célèbre et vieillissante, appréhendant avec angoisse ce que va être sa vie tant sur le plan sentimental que professionnel, et une jeune débutante ambitieuse, calculatrice et hypocrite, abordant au rivage du succès. Le relief de ces personnages qui ont une valeur universelle permet aussi à Mankiewicz de livrer une vision critique de la société américaine dans son ensemble où l'arrivisme, la fragilité psychologique, la tendance à la paranoïa, la peur du vieillissement et de la confrontation avec soi-même sont les caractéristiques essentielles.

    Margo Channing subit dans une première approche de la vieillesse une double crise d'identité : comment conservera-t-elle l'amour d'un amant plus jeune qu'elle et surtout quels rôles pourra-t-elle jouer sur scène ? Quant à Ève Harrington, son hypocrisie et son mensonge fournissent, dans la réalité, une preuve tangible de son talent et de sa plasticité puisqu'elle réussit à se glisser dans l'intimité de Margo de Karen et des autres grâce à un personnage imaginaire qu'elle a forgé de toutes pièces. Elle fait du théâtre non seulement sur les planches mais aussi dans la réalité.

    Les sept récits en flash-back émanent de trois narrateurs ( De Witt prenant la parole en 1er, 3ème et 7ème position, Karen en 2ème, 4ème et 6ème et Margo en 5ème) et c'est uniquement par la voix que les narrateurs se succèdent, Mankiewicz ayant dédaigné de faire des retours au présent pour ponctuer et séparer les différents récits.

    Il faut remarquer aussi le flash-back sans image, purement oral, de l'évocation du passé d'Ève par elle-même à l'intérieur du premier récit de Karen. Des images étaient impossibles: d'une part, il aurait fallu qu'elles fussent mensongères (puisque Ève ment), d'autre part, il était bien meilleur qu'elle convainque son auditoire -comme le public du film- par sa seule présence, par la seule persuasion de sa voix et de ses paroles, en bonne apprentie comédienne qu'elle voulait être. Comme souvent chez Mankiewicz la parole est utilisée ici comme une arme, à l'efficacité redoutable.

    Mais la qualité profonde de ce film est d'être une reflexion profonde sur l’éthique et la vanité, la flatterie vénéneuse et la peur de vieillir, le pouvoir et la puissance. Ève est marqué par une thématique particulière à Mankiewicz : marchandages, négociations, manipulations et traversée des apparences vers une réussite qui porte toujours en elle son propre échec.

    Récompenses:

    Le film a reçu 14 nominations aux Oscars de 1951 , et en a gagné 6 :

    • Meilleurs costumes, films n/b : Edith Head, Charles Le Maire
    • Meilleur acteur dans un second rôle : George Sanders.
    • Meilleur scénario : Joseph L. Mankiewicz.
    • Meilleur réalisateur : Joseph L. Mankiewicz.
    • Meilleur film : Darryl F. Zanuck.
    • Meilleur son : Thomas T. Moulton
    • Autres nominations: meilleur rôle féminin, Anne Baxter; meilleur rôle féminin, Bette Davis; meilleur second rôle féminin, Celeste Holm; meilleur second rôle féminin, Thelma Ritter; meilleurs décors ; meilleure photographie (films n/b), ; meilleur montage; meilleure musique pour une comédie ou un drame, Alfred Newman.

    Autres récompenses:

    • New York Film Critics Circle Awards (prix de la critique new-yorkaise) : meilleure actrice, Bette Davis; meilleur réalisateur, Joseph Mankiewicz; meilleur film.
    • 1951 : Festival de Cannes : meilleure actrice, Bette Davis; prix spécial du jury, Joseph Mankiewicz.
    • 1951 : Golden Glo
    • bes (globes d'or) : meilleur scénario, Joseph Mankiewicz.
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