• Femme

     

     

    Livre de Don Wolfe.

      

      

    En 1982, l'éminent journaliste Anthony Summers fit son entrée au «pays des scorpions».

    Le directeur du Sunday Express de Londres avait engagé Summers afin qu'il parte pour Hollywood écrire un article sur la nouvelle enquête du bureau du procureur.

    Arrivé en septembre 1982, Summers pensait que sa tâche ne lui prendrait

    pas plus de quelques semaines.

    Il lui fallut trois ans pour terminer Les Vies secrètes de Marilyn Monroe.

    Ayant interrogé plus de 650 personnes pour ses recherches, Summers raconta toute l'histoire des relations intimes de la star avec le président John Kennedy et le ministre de la Justice, Robert Kennedy. [...]

    Au cours de ses recherches pour Les Vies secrètes de Marilyn Monroe,

    Anthony Summers croisa le chemin de Ted Landreth, ancien cadre de CBS qui tentait depuis trois ans de trouver une chaîne de télévision américaine assez courageuse pour montrer la véritable tragédie vécue par Marilyn Monroe.

      

    Marilyn Monroe - Morgue

      

     

     

     

    Marilyn Monroe - Morgue

    Marilyn Monroe. Photos prises à la morgue.

      

      

      En 1983, Summers et Landreth joignirent leurs forces pour coordonner leurs enquêtes. Summers convainquit la BBC de produire le documentaire Say Goodbye to the President.

      

    En cours de tournage, à la fin d'un enregistrement, Eunice Murray livra une révélation inattendue. «L'interview a été très conventionnelle en ceci que Mrs Murray n'a pas varié la version qu'elle avait récitée durant toutes ces années, se souvient Ted Landreth.

      

      

    Mais, aussitôt la caméra arrêtée et les lumières éteintes,

    Mrs Murray a fait une remarque stupéfiante.

      

    Par chance, la bande-son tournait encore,

    et nous avons inclus son commentaire dans le film.»

     

     

     

    Marilyn Monroe - Morgue Marilyn Monroe - Morgue

    Morgue

      

    Summers, qui menait l'interview, se souvient de l'incident: «Mrs Murray m'a dit soudain: ``Pourquoi donc, à mon âge, dois-je ainsi continuer à dissimuler la vérité? ''

      

    Je lui ai demandé ce qu'elle voulait dire, et elle nous a tous stupéfiés en admettant que Robert Kennedy avait effectivement rendu visite à Marilyn le jour de sa mort, et que le médecin, le Dr Greenson, et une ambulance étaient arrivés alors qu'elle était encore en vie.»

     

     

    Marilyn Monroe - Morgue

    Vers le cimetiere...

      

    Quand on lui demanda de bien préciser ce dernier point, Mrs Murray répondit:

      

    «Quand le docteur est arrivé, elle n'était pas morte, et j'étais là - au salon.»

      

    On l'interrogea alors sur la relation entre les Kennedy et Marilyn Monroe.

      

    E. Murray:

    Eh bien, pendant toute une période, cela ne m'a pas du tout surprise que les Kennedy soient très importants dans la vie de Marilyn...

    Je n'étais pas informée, mais j'étais témoin de ce qui arrivait...

     

    A. Summers:

    Et vous croyez qu'il [Bobby] était là ce jour-là?

      

    E. M.: Chez Marilyn?  

    A. S.: Oui.

    E. M.: Oh, bien sûr!

    A. S.:

    Cet après-midi-là?  

    E. M.: Oui.

    A. S.:

    Et vous pensez que c'est pour cette raison qu'elle était bouleversée?

      

    E. M.:

    Oui, et c'est devenu tellement délicat que les gardes du corps de Robert Kennedy, vous savez, ont dû s'interposer pour le protéger...  

      

    Quand Anthony Summers demanda à Mrs Murray pourquoi elle n'avait pas dit la vérité à la police en 1962, elle répondit:

     

    «J'ai dit ce que je pensais qu'il fallait dire.»

     

     

     

      

    Journalistes et Mrs Eunice Murray.

      

    En 1985, Stanhope Gould, producteur du magazine d'information 20/20 sur ABC, lut les épreuves d'imprimerie du livre de Summers et en conclut que l'histoire Monroe-Kennedy ferait un excellent sujet pour son émission.

      

    Comme ils espéraient ouvrir la saison d'automne avec un scoop, Gould et le producteur exécutif Av Westin confièrent le projet à Sylvia Chase et Geraldo Rivera.

      

    Quand Sylvia Chase demanda à Eunice Murray si Marilyn Monroe avait une relation amoureuse avec Robert Kennedy, celle-ci répondit: «Je la qualifierais d'amoureuse, oui.» Le sénateur George Smathers révéla à Sylvia Chase que le président Kennedy lui avait parlé des relations de Bobby avec Marilyn.

      

    Smathers avait appris du président les problèmes qu'avait causés Marilyn dans un avion qui la conduisait auprès de Bobby et où elle s'était enivrée.

     

     

     Marilyn Monroe et Peter Lawford

      

      

      

    Pat Newcomb, Peter Lawford et Marilyn.  

      

      

    C'était l'interview d'un célèbre privé de Hollywood, Fred Otash, qui constituait la partie la plus stupéfiante de l'émission. Jadis enquêteur pour la police de Los Angeles, Otash avait été engagé par Jimmy Hoffa, racontait-il, pour placer des micros espions tant dans la maison de Lawford [Peter Lawford, acteur et beau-frère du président] sur la plage que dans celle de Marilyn, à Brentwood.

      

      

    Il affirmait que les enregistrements prouvaient la présence de Bobby Kennedy chez Marilyn le jour de sa mort.

     

     

    Une semaine avant que l'émission passe à l'antenne, le président d'ABC News, Roone Arledge, demanda aux producteurs Stanhope Gould et Av Westin de réduire de moitié les trente minutes prévues. Travaillant jour et nuit, l'équipe de 20/20 réduisit le sujet à treize minutes.

    Quelques heures avant la diffusion, Roone Arledge annula le reportage. L'histoire de Marilyn Monroe fut remplacée par une émission sur les chiens policiers. [...]

    Sylvia Chase donna sa démission et Geraldo Rivera fut renvoyé pour ses protestations au vitriol. On avait souvent vu le président d'ABC News, Roone Arledge, au bras d'Ethel Kennedy, et des rumeurs de liaison couraient.

    L'assistant d'Arledge, David Burke, avait été conseiller en communication de Kennedy, et Jeff Ruhe, autre assistant d'Arledge, était marié à l'une des filles de Bobby et Ethel.

    Quand Kerry Kennedy McCarthy fut invitée au Geraldo Show en 1995, elle déclara: «Très honnêtement, Geraldo, vous avez été victime de la famille... La famille s'est habituée à entendre la vérité sur Jack - mais pour ce qui est de Bobby... Vous voyez, Ethel est très proche de Roone Arledge...»

     

     

     

     

    Peter Lawford et Robert "bobby" Kennedy

      

      

    Bien qu'on n'ait pas connaissance de l'existence d'une copie du reportage original de trente minutes en dehors de celle qui reste enfermée dans les coffres d'ABC-TV, une copie du treize minutes a été subtilisée juste après l'annulation de la diffusion. Parmi d'autres fragments préservés, nous disposons d'une version montée de l'interview du détective privé Fred Otash par Sylvia Chase: S. Chase:

    Comment vous êtes-vous intéressé à l'affaire? F. Otash: Hoffa voulait fabriquer un portrait négatif de Bobby Kennedy.

    S. C.: Et que s'est-il passé?

    F. O.: On a mis des micros chez Lawford - dans la chambre, dans les téléphones. Quatre en tout.

    S. C.: Pourquoi chez Lawford?
    F. O.: Eh bien, parce qu'on nous avait informés que c'était l'espace de détente des Kennedy - c'est là que Bobby et Jack [John, le président] se distrayaient...

    Il y a eu plusieurs bandes de Marilyn et Jack en train de faire l'amour.

    S. C.: Entend-on Bobby Kennedy sur ces bandes?

    F. O.: Oui... S. C.: Cela confirme-t-il que Bobby Kennedy et Marilyn avaient aussi une liaison?

    F. O.: Bien sûr... Oui... Bobby Kennedy et Marilyn ont souvent été enregistrés.

    S. C.: A-t-on enregistré des bandes chez Marilyn jusqu'à la mort de celle-ci?

    F. O.: On en a enregistré le jour de sa mort - la nuit de sa mort.

    S. C.: Une conversation avec Kennedy? F. O.: Une conversation avec Bobby Kennedy.

    S. C.: Et de quoi parlaient-ils?
    F. O.: Ils se disputaient violemment.

    Elle lui disait: «J'ai l'impression d'être jetée! J'ai l'impression d'avoir été utilisée!

    J'ai l'impression d'être un morceau de viande!»

     

     

     

    Maison de marilyn. Vue du ciel et l'entrée de la villa.

     

    Otash continua par la description d'une bagarre qui avait eu lieu dans la chambre de Marilyn, où Bobby hurlait: «Où est-il? Où l'as-tu mis? Il me le faut! Ma famille te paiera pour l'avoir!» La bagarre se termina par le bruit de coups portés et d'une porte qui claque. «Il est ensuite allé chez Lawford et il était dans tous ses états, dit Otash au Times.

      

    Lawford m'a expliqué qu'il était en pleine panique et qu'il aurait dit:

      

    ``Elle tempête et elle fulmine. Je suis inquiet pour elle et pour ce qui va sortir de tout ça.'' Lawford m'a alors révélé que Marilyn avait tenté de joindre Jack Kennedy à la Maison-Blanche, mais on lui avait répondu qu'il était à Hyannis Port. Elle avait continué d'essayer, sans arriver à rien.»

     

    Marilyn Monroe - Maison de l'assassinat

     

    Maison de Marilyn.

     

     

     

    Portail de l'entrée en 1990.

      

    Otash expliqua au Times pourquoi il avait gardé le silence pendant toutes ces années à propos de l'affaire Monroe: «Je crois qu'il est temps que la vérité soit connue... Personne ne me paie, je n'écris pas de livre, je ne veux rien prouver.»

      

    A l'époque de l'interview, Otash avait 63 ans. Il vivait une retraite dorée, avec des résidences à Los Angeles, Palm Beach et Cannes.

      

    Mr «O» mourut à Los Angeles en novembre 1992, laissant une fortune évaluée à plus d'un million de dollars. A sa mort, les bandes de surveillance ne furent pas retrouvées.

     

    Le 4 août

     

    Le samedi 4 août 1962, le vent sec du désert chauffait le bassin de Los Angeles, et, dès 9 heures du matin, il faisait près de 27 ºC. Marilyn avait passé une bonne partie de la nuit debout. Les rideaux tirés, la chambre plongée dans le noir était étouffante - et puis il y avait eu une série d'appels troublants.

      

      

    Une femme, dont Marilyn n'était pas sûre de reconnaître la voix, l'avait appelée à plusieurs reprises, entre minuit et le lever du jour, pour lui dire: «Fichez la paix à Bobby!» en la traitant de «traînée». [...]

      

    En début d'après-midi, le vrombissement d'un hélicoptère retentit entre les cloisons de la salle de tournage de la Fox. Un gardien de la sécurité plissa les paupières, ébloui, quand l'appareil amorça sa descente sur l'héliport, près du plateau 14.

      

      

    Comme l'indique le registre de la sécurité du studio, l'hélicoptère avait reçu l'autorisation d'atterrir peu après 11 heures. Une limousine gris foncé attendait dans l'ombre tandis que l'hélicoptère se posait en soulevant un tourbillon de poussière.

      

      

    L'attaché de presse du studio, Frank Neill, travaillait près de l'aire d'atterrissage le samedi. Il fut surpris de voir Bobby Kennedy sauter à terre et foncer sur la limousine.

      

    Après avoir nié pendant vingt-trois ans, Eunice Murray a reconnu en 1985 que Bobby Kennedy s'était rendu chez Marilyn le 4 août 1962. «J'étais dans le living quand il est arrivé. Elle n'était pas habillée.» [...]

     

     

     

     

     

     

      

      

    D'après Norman Jefferies, gendre d'Eunice et homme à tout faire, Robert Kennedy arriva entre 15 et 16 heures en compagnie de Peter Lawford.

      

    «Mr Lawford nous a demandé de disparaître, Eunice et moi, et il nous a envoyés au supermarché. Il m'a donné de l'argent en me disant d'acheter des Coca.

    A notre retour - une heure plus tard - la voiture était partie, Marilyn était en pleine crise d'hystérie. Je n'avais jamais vu ça. Elle avait une trouille noire.»

     

    Les révélations de Jefferies ont été corroborées par Sidney Guilaroff, coiffeur de Marilyn et son ami depuis les années 40. Dans une interview de 1995, Guilaroff a déclaré pour la première fois qu'il avait parlé deux fois à Marilyn ce jour-là. La première, en fin d'après-midi ou en début de soirée. «Quand Marilyn m'a appelé, elle était en larmes et j'avais du mal à la comprendre.

    Quand j'ai réussi à la raisonner et lui ai demandé quelque chose du genre: ``Mais qu'est-ce qui se passe, ma chérie? '' elle m'a dit: ``Bobby Kennedy est venu ici et il m'a menacée, il a crié après moi et m'a bousculée! '' J'ai dû répondre plus ou moins:

      

    ``Qu'est-ce que Robert Kennedy fichait chez toi? '' parce que je ne savais strictement rien de son aventure avec Bobby en plus de John. Maintenant, elle se croyait en danger. Bobby avait l'impression qu'elle représentait un problème et lui avait dit:

     

    ``Si tu me menaces, Marilyn, on ne manque pas de moyens de te faire taire.''»

     

     

     

     

    Ralph Greenson et les Kennedy.

      

    Les écoutes avaient enregistré en continu une querelle entre Marilyn et Bobby Kennedy tandis qu'ils passaient d'une pièce à l'autre. «Marilyn et Bobby se disputaient violemment, et elle lui a dit: ``J'ai l'impression d'être jetée! J'ai l'impression d'avoir été utilisée.''» Earl Jaycox, l'assistant d'Otash, a confirmé que Marilyn hurlait tandis que Bobby Kennedy essayait de la convaincre de lui donner son journal et les papiers:

      

    «Où est-il? Où est-il?»

      

    Elle cria qu'on la traitait comme un «morceau de viande».

     

     

     

    Greenson et Kennedy Bobby.

      

    En 1985, Anthony Summers a été mis en contact par Mark Monsky, directeur de l'information sur NBC, avec quelqu'un du gouvernement qui avait entendu une quarantaine de minutes des bandes Otash-Spindel, notamment ce qui s'était passé chez Marilyn le jour de sa mort.

      

    On avait mis en marche le magnétophone, qui avait révélé «deux visites de Robert Kennedy».

      

    Lors de la première, «on pouvait entendre Marilyn et Kennedy parler».

      

    La bande enregistra alors la conversation, qui vira à l'altercation:

      

    «Les voix parlaient de plus en plus fort, a-t-il raconté. Ils se disputaient à cause de quelque chose que Robert Kennedy avait promis. Comme ils se bagarraient, les voix devinrent plus perçantes. Il n'arrêtait pas de revenir à la charge: ``Où est-il? Où est ce putain de truc?

    On a besoin de savoir.

      

    C'est important pour la famille. On peut prendre toutes les dispositions que tu veux! ''

      

    Il y eut ensuite des coups et le bruit de quelque chose qui tombe, et Marilyn Monroe qui hurlait.» La scène se terminait par le bruit d'une porte qu'on claque.

      

    D'après ses déclarations, le Dr Greenson arriva chez Marilyn entre 16 h 30 et 17 heures. Il donna trois versions différentes des motifs de sa visite. [...] Norman Jefferies a dévoilé la vérité sur la visite du docteur. Après s'être vus congédiés par Lawford lorsqu'il avait débarqué avec Bobby Kennedy en milieu d'après-midi, Eunice Murray et lui avaient trouvé Marilyn en pleine hystérie à leur retour, à 16 h 30. Mrs Murray avait alors appelé Greenson.

     

     

    Domicile de Ralph Greenson où Marilyn avait l'habitude d'aller.

      

    La visite de Greenson s'acheva vers 19 heures. Il lui conseilla de prendre du Nembutal pour passer une bonne nuit. A la demande de Mrs Murray, Norman Jefferies passa aussi la nuit sur place. Pendant les dernières heures de sa vie, Marilyn se raccrocha à son meilleur ami: le téléphone.

      

    «C'est entre 20 heures et 20 h 30 que j'ai eu de nouveau Marilyn au téléphone, raconte Sidney Guilaroff. Elle allait beaucoup mieux et avait vu son psychiatre, le Dr Greenson. J'ai essayé d'apaiser ses angoisses.

      

    Elle a conclu la conversation avec cette remarque provocante: ``Tu sais, Sidney, je sais un tas de secrets sur les Kennedy. - Quel genre de secrets? ai-je demandé.

      

    - Des dangereux'', a-t-elle répondu, et elle a raccroché.» [...]

     

     

    Milton Greene.

      

    Entre chien et loup, trois hommes descendirent 5th Helena Drive. L'un deux portait une petite sacoche noire ressemblant à une serviette de médecin. Elizabeth Pollard, une voisine de Marilyn, invitait souvent quelques amies à jouer aux cartes le samedi soir.

      

    Elles virent «Bobby Kennedy entrer dans la maison de Marilyn juste après le crépuscule», ont-elles déclaré au sergent Jack Clemmons plusieurs mois après la mort de Marilyn. Elles faisaient un bridge «et Bobby Kennedy est carrément passé par la fenêtre pour pénétrer chez Marilyn». Ces femmes dirent à Clemmons que le ministre était accompagné de deux hommes.

      

    La ligne directe de Marilyn sonna peu après 21 h 30. C'était une voix amie, celle de José Bolaños, scénariste d'origine mexicaine, ami de M. M. depuis février. Il était de retour à Los Angeles pour voir Marilyn et appelait d'un bar de Santa Monica Canyon.

      

    Il a seulement révélé que Marilyn lui dit «quelque chose de scandaleux...

      

    quelque chose qui, un jour, sera un choc pour le monde entier»,

      

    et a ajouté que Marilyn s'éloigna du téléphone au cours de la conversation.

      

    Elle ne raccrocha pas, mais posa l'écouteur pendant qu'il attendait au bout du fil. Elle ne revint jamais. Jefferies raconte qu'entre 21 h 30 et 22 heures Robert Kennedy apparut à la porte, accompagné de deux hommes. Ils donnèrent l'ordre à Jefferies et à sa belle-mère de déguerpir. [...]

     

     

    Jack Clemmons.

      

    Réfugiés chez des voisins, Eunice Murray et Jefferies virent Bobby et les deux hommes s'en aller. [...]

      

    En entrant dans le pavillon d'amis, ils découvrirent Marilyn dévêtue, allongée en travers sur le divan. «J'ai cru qu'elle était morte, déclara Norman Jefferies.

      

    Elle était sur le ventre, une main tenant plus ou moins le téléphone. Je n'avais pas l'impression qu'elle respirait et elle avait une couleur affreuse...

    Eunice a pris le téléphone pour appeler une ambulance.

      

    Puis elle a appelé en urgence le Dr Greenson, qui a dit qu'il arrivait tout de suite. Je suis allé au portail attendre l'arrivée de l'ambulance.» Hall, l'ambulancier, confirma avoir trouvé Marilyn dans un état comateux sur le divan du pavillon d'amis, précisant qu'ils l'avaient mise sur le dos par terre pour essayer de la ranimer.

      

    Lorsque le Dr Greenson arriva, il donna l'ordre d'arrêter et de tenter une réanimation cardio-pulmonaire. Il injecta une piqûre d'adrénaline directement dans le cœur, mais l'aiguille heurta une côte. Hall dit que Marilyn succomba quelques instants plus tard.

     

     

     

     

     

    Noguchi au centre.

      

    Après, ce fut la folie, dit Jefferies. Ce fut horrible. Il y a eu les voitures de police, les camions des pompiers, d'autres ambulances... tout ce qu'on veut! Un hélicoptère de la police s'est posé sur le terrain de golf et, bientôt, ça grouillait de partout.»

      

    Le Dr Engelberg arriva autour de minuit et le corps de Marilyn fut transféré du sol du pavillon d'amis à sa chambre, dans la maison principale.

      

    Jefferies a déclaré que le scénario d'un suicide «à huis clos» fut formulé. [...]

      

    D'après lui, il y avait au moins une douzaine de policiers en civil qui s'agitaient au 12305 5th Helena Drive - puis, brusquement, plus personne.

      

    Le responsable fut identifié plus tard par Billy Woodfield et plusieurs anciens membres de la police de Los Angeles comme étant le capitaine James Hamilton, du bureau du renseignement de la police de Los Angeles, un ami de Robert Kennedy, et on reconnut dans les deux hommes qui avaient accompagné Bobby chez Marilyn ce soir-là deux détectives chargés de la sécurité de Kennedy.

     

     

     

     

      

    Marilyn avec JFKennedy et Robert Kennedy.

      

    Avaient-ils vraiment l'intention d'assassiner Marilyn?

      

    Ou voulaient-ils seulement la neutraliser en lui collant une bonne dose pour qu'elle les laisse tranquillement fouiller dans ses papiers rangés dans le pavillon d'amis, juste le temps de mettre la main sur les notes et les lettres, les documents officiels et son journal intime?

    Elle a reçu une injection en présence de Bobby Kennedy et la dose était assez forte pour tuer 15 personnes.

      

    Dans l'urgence, on rangea avec soin la maison de la star, on fit saisir les archives téléphoniques, on détruisit papiers et autres notes - et on passa un appel affolé à la Maison-Blanche.

     

    Le carnet à secrets

     

    Robert Slatzer, auteur des Derniers Mois de Marilyn Monroe, un de ses plus fidèles amis, rencontra, le jeudi 9 août, chez la star son exécutrice testamentaire, Inez Melson. «Inez triait ce qui restait des papiers de Marilyn dans le classeur du pavillon d'amis, raconta Slatzer. Elle me dit que, lorsqu'elle était arrivée là le dimanche matin, elle avait découvert le meuble classeur fracturé et que beaucoup des affaires de Marilyn avaient disparu.» Marilyn s'était toujours inquiétée de la sécurité de ses papiers.

      

    En faisant visiter à Slatzer sa nouvelle maison, au mois d'avril 1962, elle avait signalé que des documents ne cessaient de disparaître de ses dossiers et qu'elle avait ordonné qu'on change les serrures et qu'on mette des barreaux aux fenêtres du pavillon d'amis. Lorsqu'il quitta la maison de Marilyn ce jour-là, Slatzer repensa à la dernière fois où il l'avait vue. C'était à la mi-juillet. Elle l'avait appelé d'une cabine et sa voix était pressante.

    «Viens me prendre à 18 heures», avait demandé Marilyn. Elle l'attendait à l'endroit convenu, silhouette solitaire que personne n'avait reconnue - sans maquillage, portant de grandes lunettes de soleil, ses cheveux blonds attachés en queue de cheval sous un foulard. «Salut!» dit-elle avec un grand sourire en montant près de lui dans la Cadillac.

     

     

     

     

     

    Robert Slatzer et Marilyn.

    En chemin, elle parla de ses peurs et de ses inquiétudes.

      

    Peu après le gala d'anniversaire du président, en mai, on lui avait brutalement interdit toute communication avec lui, et la ligne de téléphone privée sur laquelle elle l'appelait avait été coupée.

      

    Peter Lawford avait dit sans ambages à Marilyn que plus jamais elle ne devait parler au président.

      

    «Cela lui causa un choc émotionnel dévastateur qui la fit s'effondrer sur le plateau de Something's Got to Give, a raconté Slatzer.

      

    Dans sa rage et son désespoir, elle appela plusieurs fois la Maison-Blanche pour exiger une explication.

    Bobby devint l'émissaire chargé de calmer les fureurs de la femme délaissée.

      

    Avant ce jour, je n'avais jamais saisi jusqu'où étaient allées ses relations avec Bobby.

      

    Lors de notre dernière rencontre, elle me confia que récemment Bobby avait aussi tenté de rompre avec elle. Comme John, il n'avait fourni aucune explication.» Les Kennedy avaient touché le point sensible de sa terreur du rejet, et son désespoir s'était mué en colère, comprit Slatzer.

     

     

     

     

    Carnet d'adresses de Marilyn.

      

    Sortant un cahier à couverture rouge de son grand sac, Marilyn avait montré à Slatzer

    son «Carnet de secrets». «Qu'est-ce que c'est?

      

    - Mon journal. Je veux que tu le lises.»

      

    Slatzer se souvient d'avoir feuilleté les pages et d'avoir été surpris d'y trouver des notes sur ses conversations avec les Kennedy.

    Elle y abordait des sujets comme le projet d'utiliser le syndicat du crime pour assassiner Fidel Castro, les essais nucléaires, les liens de Sinatra avec la pègre, les droits civiques, les efforts de Bobby pour faire arrêter Jimmy Hoffa; une page indiquait que c'était Bobby qui avait convaincu le président de retirer la couverture aérienne lors du désastre de la baie des Cochons.

      

    Quand Slatzer se rendit compte de l'importance de ce journal, il lui demanda pourquoi elle avait pris ces notes.

     

     

     

     

      

      

    Robert et John Kennedy. Giancana, un des rois de la pègre.

      

    «Parce que Bobby aimait parler d'affaires politiques, lui répondit-elle,

    et je voulais pouvoir discuter de choses qui l'intéressaient.

    Alors je prenais des notes après nos conversations, et ensuite j'en apprenais autant que je pouvais sur les sujets abordés pour pouvoir en parler intelligemment.

      

    - Quelqu'un d'autre a-t-il vu ce carnet? demanda Slatzer.

      

    - Personne... Mais je suis tellement en colère que je serais capable de convoquer une conférence de presse et de le montrer au monde entier pour que tout le monde sache qui sont vraiment les Kennedy!»

    Slatzer tenta de la convaincre d'oublier les Kennedy et de se concentrer sur sa carrière: 

    Ce n'est pas facile», répondit-elle. [...]

     

     

     

      

      

    SOURCES :

      

    http://www.thinesclaude.com/marilyn--1-extrait-du-livre-de-don-wolfe.php

     

      

     

      

     

    Sans commentaire

     

     

     

     Enterrement de Marilyn Monroe 

     

     

     

      

     

     

     

      

     

     

     

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     WESTWOOD

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

      

     

     

     

     

     

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  • Don Wolfe - assassinat de Marilyn Monroe

    Livre de Don Wolfe.

    Avant l'aube du dimanche 5 août 1962, un vent chaud venu du désert mojave balayait le bassin de Los Angeles, agitant les hauts eucalyptus qui protégeaient comme un rideau la maison de Marilyn Monroe, à Brentwood.

    On entendait tinter doucement dans l'obscurité les vieux carillons que lui avait offerts le poète Carl Sandburg.

    .

    D'autres sons, plus étranges, furent portés par le vent au cours de la nuit: des cris, une vitre qu'on brise.

    Les voisins ont parlé d'une femme hystérique qui aurait crié:

     

    «Assassins! Espèce d'assassins! Vous êtes contents, maintenant qu'elle est morte?»

     

    A minuit, le sergent Jack Clemmons prit son poste au commissariat de police de West Los Angeles, Purdue Street.

    Les premières heures de ce dimanche, la garde du sergent Jack Clemmons fut très calme.

    Jusqu'à cet appel, peu avant l'aube.

     

    Son interlocuteur se présenta: Dr Hyman Engelberg.

    Et il dit: «Marilyn Monroe est morte. Elle s'est suicidée.»

     

     

     

     

    Jack Clemmons.

     

    Croyant à une plaisanterie, Clemmons demanda:

    «Qui avez-vous dit que vous étiez?

    - Je suis le Dr Hyman Engelberg, le médecin de Marilyn Monroe.

    Je me trouve chez elle.

    Elle vient de se suicider.

    - Donnez-moi l'adresse, j'arrive.»

    Il regarda sa montre et nota dans le registre

     

    qu'il était 4 h 25 du matin.

     

    Au 12305 5th Helena Drive, le sergent Clemmons entendit un chien aboyer. Il frappa à la porte. Il entendit dans la maison des pas et des conversations murmurées. Il frappa de nouveau.

     

    Il se passa une bonne minute avant qu'on allume la lampe du porche et qu'une femme entre deux âges lui ouvre.

     

    Elle dit qu'elle était Eunice Murray, la gouvernante.

    Elle conduisit le sergent Clemmons dans une chambre où gisait le corps, en travers du lit.

    On avait rabattu un drap sur la tête, ne laissant visible qu'une mèche de cheveux blond platine. Un homme à l'air distingué était assis, abattu, près du lit, la tête baissée, le menton dans les mains, le Dr Hyman Engelberg.

    Un autre homme, debout près de la table de nuit, se présenta comme le Dr Ralph Greenson, le psychiatre de Marilyn Monroe.

     

     

     

     

    Mrs Murray et Ralph Greenson.

     

     

    Certificat de décès

     

    «Elle s'est suicidée», dit le Dr Greenson. Puis, montrant la table de nuit jonchée de boîtes de comprimés, il désigna un flacon vide de Nembutal et ajouta: «Elle en a pris tout le contenu.»

     

    Clemmons se souvient: «Elle était à plat ventre dans ce que j'appelle "la position du soldat": la tête dans un oreiller, les bras le long du corps, le bras droit légèrement pliés, les jambes allongées toutes droites.»

    Il avait vu bon nombre de suicides et, contrairement à l'idée reçue selon laquelle une surdose de somnifères est une manière facile et indolore de mourir, les victimes souffrent habituellement de convulsions accompagnées de vomissements et meurent dans une posture très tourmentée.

    «A-t-on bougé le corps? demanda Clemmons. -

     Non, répondirent les médecins.

    - Avez-vous tenté de la ranimer? demanda le sergent Clemmons.

    - Non, nous sommes arrivés trop tard, répondit le Dr Greenson.

    - Savez-vous à quelle heure elle a pris les comprimés?

    - Non.»

     

     

     

    Clemmons avait l'habitude que les médecins l'informent spontanément. Mais il s'agissait de la mort d'une star du cinéma. Quand le sergent se retourna pour parler à Mrs Murray, il se rendit compte que la gouvernante avait quitté la pièce. Il la retrouva dans la buanderie, où machine à laver et séchoir étaient en marche. Elle pliait du linge sur le plan de travail et elle lui sembla agitée. Il sembla curieux au sergent Clemmons que la gouvernante s'inquiète de la lessive en pleine nuit, alors que sa patronne gisait morte dans sa chambre. Il demanda: «Quand avez-vous découvert que Miss Monroe avait un problème?

     

     

     

    - Peu après minuit, répondit Mrs Murray. J'étais allée me coucher vers 22 heures. J'ai remarqué la lumière sous la porte de Marilyn. Je me suis dit qu'elle dormait ou qu'elle parlait avec quelqu'un au téléphone. Alors je suis allée me coucher. Je me suis réveillée à minuit parce que je devais aller aux toilettes. La lumière filtrait toujours sous la porte de Marilyn. Alors je me suis inquiétée. J'ai essayé d'ouvrir la porte, mais elle était fermée à clef de l'intérieur. J'ai frappé, mais Marilyn n'a pas répondu.

    Alors j'ai appelé son psychiatre, le Dr Greenson, qui n'habite pas très loin. Quand il est arrivé, vers minuit et demi, elle ne lui a pas répondu non plus. Alors il est sorti et il a regardé par la fenêtre de la chambre. Il a vu Marilyn couchée, immobile, sur le lit, et il lui a trouvé une mine bizarre. Il m'a dit: "Nous l'avons perdue", et puis il a appelé le Dr Engelberg.»

     

     

     

    Le corps de Marilyn avait été découvert à minuit et demi, et la police n'avait été appelée qu'à 4 h 25. Le sergent Clemmons demanda aux médecins pourquoi il leur avait fallu près de quatre heures pour appeler la police. Le Dr Greenson répondit: «Il nous a fallu obtenir l'autorisation du service de publicité du studio. - Le service de publicité? - Oui, le service de publicité de la Twentieth Century Fox. Miss Monroe y tournait le film "Something's got to give" - Qu'avez-vous fait pendant ces heures? - Nous avons bavardé», marmonna le Dr Engelberg.

     

     

    Marilyn, Robert Kennedy et Peter Lawford.

     

    Clemmons interrogea les médecins sur les circonstances qui avaient présidé à la découverte du corps. Le Dr Greenson raconta l'histoire presque dans les mêmes termes que Mrs Murray.

    On l'avait appelé peu après minuit et il était arrivé vers minuit et demi. Il avait dû casser une fenêtre avec le tisonnier pour accéder à la chambre, où il avait trouvé Marilyn sur le lit.

    Il indiqua que sa main tenait fermement le téléphone, quand il l'avait trouvée, et qu'il le lui avait alors presque immédiatement pris. Il ajouta qu'elle avait dû essayer d'appeler à l'aide. Le sergent Clemmons trouva curieuse cette hypothèse du Dr Greenson, sachant que Mrs Murray était dans la maison, la porte de sa chambre à trois mètres de celle de Marilyn.

    Tandis qu'il rentrait au quartier général de la police de West Los Angeles, des idées lancinantes occupaient l'esprit du sergent Clemmons: il était certain que le corps avait été déplacé, et il se demandait de quoi les médecins avaient bien pu parler pendant quatre heures, avant d'appeler la police. Pourquoi n'avait-il pas trouvé de verre dans la pièce fermée à clef ?

     

     

     

    Robert Kennedy. Pat Newcomb et Marilyn.

     

    ...

     

    Si la plupart des entreprises ferment, le dimanche, à la morgue du comté de Los Angeles c'est en général le jour le plus actif. C'est le plus souvent le samedi soir que les gens meurent dans des circonstances curieuses. En 1962, le bureau du coroner du comté et la morgue étaient situés dans le sous-sol du palais de justice, dans le centre-ville.

     

     

     

    Le Dr Thomas Noguchi, récemment nommé médecin légiste adjoint, arriva à 6 h 30 le dimanche matin.

    Le coroner Curphey avait appelé le bureau avant son arrivée et laissé un message: «Le Dr Curphey veut que le Dr Noguchi procède à l'autopsie de Marilyn Monroe.» Noguchi ignorait que la star était morte et il pensa que la personne à autopsier portait le même nom qu'elle.

    Quand il apprit qu'il s'agissait effectivement de la célèbre Marilyn Monroe, il trouva curieux que le coroner Curphey l'ait choisi comme légiste. «On aurait dû confier une autopsie de cette importance à un médecin plus confirmé, déclara Noguchi. Et pourtant le Dr Curphey avait bien spécifié que le travail me revenait.»

     

     

     

     

     

    La cuisine de Marilyn.

     

    Le Dr Noguchi vérifia la liste des corps arrivés à la morgue dans la nuit de samedi à dimanche et fut surpris de ne pas trouver de Marilyn Monroe sur la liste. Il interrogea l'assistant du coroner, Lionel Grandison. Celui-ci devait vérifier les décès survenus dans le comté de Los Angeles et s'assurer que tous ceux qui s'étaient produits dans des circonstances peu claires, ou hors de la présence d'un médecin, étaient déférés au bureau du coroner. Grandison ne tarda pas à découvrir une première irrégularité.

     

     

     

    La table de nuit de Marilyn dans l'état. Mrs Murray.

     

    «Quand les gens meurent de cause naturelle à l'hôpital, leur corps y est généralement conservé jusqu'à ce que les dispositions soient prises pour leur transport en vue des funérailles, explique Grandison. Mais, quand la mort en question peut être un suicide ou un meurtre, quand il s'agit d'un accident ou quand les causes sont tout simplement inconnues, la loi dit que le corps doit être transporté à la morgue du comté, pour que le bureau du coroner tire les conclusions adéquates.»

     

    Grandison entreprit une recherche et trouva le corps de Marilyn Monroe aux pompes funèbres de Westwood Village. «Pour que cela ait été possible, poursuit Grandison, il a fallu que quelqu'un téléphone à l'entreprise de pompes funèbres et demande spécifiquement qu'on vienne chercher le corps.» Il fut d'autant plus choqué de découvrir que les responsables des pompes funèbres de Westwood Village préparaient déjà le corps pour l'embaumement, si bien qu'ils étaient très réticents à l'idée de l'envoyer au coroner.

    C'était une situation sans précédent, et son enquête ultérieure amena Grandison à interroger le personnel des pompes funèbres de Westwood Village, mais il ne réussit pas à découvrir qui avait demandé par téléphone que le corps soit transporté dans leurs locaux.

     

     

     

    Peu après 9 heures du matin, Grandison fit prendre le corps aux pompes funèbres et le fit placer dans le casier n° 33 de la morgue du comté de Los Angeles, au palais de justice. Marilyn Monroe devint le cas n° 81128 dans les dossiers du coroner. Marilyn Monroe fut ainsi la première des stars à figurer dans la distribution morbide du film de la vie professionnelle du Dr Noguchi. Devaient suivre Sharon Tate, Janis Joplin, William Holden, Natalie Wood et John Belushi.

    En 1968, il fit aussi l'autopsie de Robert Kennedy. Noguchi publia alors un livre sur sa fréquentation des cadavres célèbres et conquit le sinistre titre de «coroner des stars».

    Après la publication de son livre, en 1984, il fut démis de ses fonctions de directeur par l'administration de la ville à cause d'une prétendue mauvaise gestion de son bureau et de la publicité tapageuse faite autour de son métier de médecin légiste.

     

    Peu avant le début de l'autopsie, John Miner, avocat général adjoint, spécialiste de droit médical et psychiatrique, se joignit au Dr Noguchi. John Miner était professeur adjoint à l'école de médecine de l'université de Californie du Sud et, de même que le Dr Ralph Greenson, chargé de cours à l'Institut de psychanalyse de Los Angeles.

     

     

    Le Docteur Noguchi Thomas. Robert Kennedy.

     

    Le coroner du comté de Los Angeles, le Dr Theodore Curphey, assistait, lui aussi, à l'autopsie de Marilyn Monroe. Bien que sa présence n'eût jamais été révélée par le bureau du coroner, Lionel Grandison a récemment déclaré: «Je me souviens du jour de cette autopsie, et je peux affirmer que le Dr Curphey était là... Je sais qu'il a personnellement supervisé tout ce qui s'est passé.»

     

    La révélation de Grandison explique peut-être pourquoi on avait assigné un tout nouveau médecin légiste au cas n° 81128. «La présence du coroner Curphey à une autopsie était sans précédent, affirme Grandison. Il a supervisé toute la procédure et orchestré le rapport final. Il lui aurait été difficile de le faire avec le légiste en chef, qui aurait normalement dû se voir confier cette tâche.»

     

     

     

    Marilyn, Frank Sinatra et Peter Lawford. Robert Kennedy

     

    A propos de la manière dont le coroner Curphey dirigea l'autopsie, Noguchi a déclaré: «Tout jeune membre de l'équipe, je n'ai pas eu le sentiment que je pouvais m'opposer au patron sur la procédure.»

    Le Dr Noguchi et John Miner avaient lu les rapports de police indiquant que Marilyn Monroe était morte dans une pièce fermée de l'intérieur et que ses médecins pensaient qu'elle avait succombé à l'ingestion d'une trop forte dose de barbituriques.

    Ils avaient aussi analysé les flacons de comprimés pris dans la chambre. Le Dr Engelberg avait déclaré à la police que, le vendredi 3 août, il avait renouvelé l'ordonnance de Marilyn Monroe pour 50 comprimés de Nembutal.

    Le registre de la pharmacie San Vicente indiquait que l'ordonnance avait été exécutée la veille de la mort.

     

     

    Docteur Noguchi (à gauche).

     

    Le Dr Noguchi déclare que, bien qu'on n'eût découvert aucune seringue dans la pièce fermée, l'autopsie commença par une recherche de points de perforation qui auraient indiqué que des substances avaient été administrées par injection. Le rapport d'autopsie indique clairement: «Pas de traces d'aiguille.» Dans le dossier, il est bien dit que le Dr Engelberg avait fait à Marilyn une piqûre le 3 août - la veille de sa mort - vers 16 heures. Et, comme elle mourut vers 22 h 30 le lendemain, on observe que trente heures s'étaient écoulées. Le Dr Noguchi, dans son livre, Coroner, explique combien il est difficile de découvrir des traces de piqûres récentes. Il cite le cas de John Belushi.

    Après avoir examiné le corps de ce dernier, la police avait éliminé l'injection d'une substance toxique comme cause de la mort parce que le personnel du coroner n'avait pas réussi à découvrir de traces de piqûre. Le chef de la division de médecine légale, le Dr Ronald Kornblum, examina le corps de Belushi et fut incapable, lui aussi, de découvrir une trace de pénétration d'aiguille - pas plus que le Dr Noguchi.

    Mais celui-ci, soupçonneux depuis qu'on avait retrouvé de la poudre de cocaïne sur le lieu du décès, persista: «J'ai pris le bras droit de Belushi dans mes deux mains, et je l'ai pressé, raconte le docteur... Soudain, une gouttelette de sang est apparue au creux du coude, mais le fait que les piqûres récentes aient été si difficiles à découvrir m'inquiéta... On avait utilisé une aiguille stérile et seules des gouttelettes de sang le révélaient.»

     

     

     

    Enlèvement du corps et les psy de Marilyn. Entre autre Greenson et Marianne Kriss.

     

    Autre sujet d'inquiétude lors de l'examen externe du corps: la lividité cadavérique. Elle est causée par l'effusion hors des vaisseaux du sang qui s'accumule dans les parties les plus basses du corps dans les heures qui suivent la mort. Il y produit des taches qui vont du gris bleuâtre au violacé.

     

    Dans son rapport, le médecin mentionne deux zones de lividité: le visage, le cou, les bras, la poitrine et l'abdomen, d'une part, et «une légère lividité qui disparaît à la pression sur la face postérieure des bras et des jambes», d'autre part. Cette double lividité présente une grande importance légale. Les zones de lividité secondaires se forment quand on bouge un corps pendant que s'installe la lividité cadavérique, processus qui dure généralement quatre heures après le moment de la mort. Par exemple, si un corps repose sur le ventre pendant trois heures après la mort et qu'ensuite il soit mis sur le dos, une zone de lividité secondaire peut apparaître sur le dos pendant l'heure qui suit. Le Dr Noguchi et John Miner auraient pu envisager cette possibilité quand ils remarquèrent cette double lividité. On sait maintenant que Marilyn Monroe est morte vers 22 h 30 le samedi soir. Son corps a été retourné et placé sur le brancard par Guy et Don Hockett, les employés des pompes funèbres, huit heures après la mort, soit quatre heures après la fin du processus d'installation de la lividité cadavérique. En conséquence, la légère lividité remarquée sur son dos n'a pu se produire qu'immédiatement après la mort, quand le corps est resté un temps sur le dos avant qu'on le place à plat ventre sur le lit.

     

     

     

    Le corbillard emmène le corps de Marilyn. A droite, Pat Newcomb.

     

    Le rapport du Dr Noguchi signale deux contusions récentes sur le corps de Marilyn: «une petite ecchymose sur la fesse gauche et une autre à gauche sur la chute des reins». Pourtant, à en croire Lionel Grandison, d'autres bleus étaient visibles sur le corps de Marilyn, ignorés par le document officiel.

    «Quand un corps est amené à la morgue, explique Grandison, il est immédiatement inspecté par un assistant médical. A ce stade, tous les bleus, cicatrices, coupures et autres traumatismes sont indiqués sur une première fiche d'examen. Cette fiche est intégrée au dossier officiel.»

    Lionel Grandison déclare qu'il a vu cette fiche le matin du 5 août et qu'elle signalait les bleus sur la fesse indiqués dans le rapport d'autopsie, mais aussi d'autres bleus, sur les bras et à l'arrière des jambes.

    Selon Grandison, «la fiche de cet examen initial faisait partie du dossier qui disparut quand l'affaire prit de l'ampleur».

    Le fait que ces bleus évidents n'aient conduit à aucune interrogation, et que les plus petits ne furent même pas notés, constitue une omission troublante.

     

    Le Dr Noguchi admit, lors d'une interview, en 1982, qu'on aurait dû s'intéresser au gros bleu pourpre sur la fesse gauche. «Ce bleu, dit-il, n'a jamais été totalement expliqué. C'est un signe de violence.» Après l'examen externe, le Dr Noguchi passa à l'examen interne.

    Il ouvrit l'estomac, et John Miner et lui en ont examiné le contenu, à la recherche de traces des comprimés de Nembutal qu'elle aurait ingérés. Ils ont donc été surpris de trouver l'estomac totalement vide. «Il y avait dans l'estomac une petite quantité de liquide, se souvient John Miner, mais nous n'y avons détecté aucun signe qui aurait indiqué qu'il avait contenu une forte dose de médicaments ou de sédatifs.»

     

     

    Lionel Grandison. Dessin de Noguchi avec derrière lui le croquis de l'autopsie de Marilyn.

     

    «Un prélèvement du contenu gastrique examiné sous microscope polarisant ne montre pas de cristaux réfringents», déclare le rapport d'examen. Selon le Dr Sidney S. Weinberg, ancien médecin légiste en chef du comté de Suffolk, New York, «la mort par ingestion d'une grande quantité de barbituriques est incompatible avec l'absence de cristaux réfringents dans le tube digestif. Sous microscope polarisant, on aurait pu déterminer la nature exacte du produit ayant entraîné la mort, car ces médicaments ont chacun leur forme cristallisée particulière».

    De plus, le Dr Weinberg et plusieurs autres médecins légistes de renom ont souligné qu'on appelle le Nembutal la «veste jaune» à cause du jaune de la gélatine qui entoure le produit actif. Si Marilyn Monroe avait avalé une cinquantaine de comprimés de Nembutal, comme on l'a dit, il y aurait eu des traces de teinture jaune dans le tube digestif, surtout dans un estomac vide. Le Dr Noguchi ne trouva aucune trace de teinture jaune.

     

     

     

    Mrs Murray pendant un interview et le jour de la mort de Marilyn.

     

    Pour examiner l'intestin, le Dr Noguchi et Miner commencèrent par regarder le duodénum, la première section après l'estomac. Quand des comprimés ont séjourné un certain temps dans l'estomac, il arrive que des résidus passent dans le duodénum. «Je n'ai pas trouvé la moindre preuve visuelle de la présence de comprimés dans l'estomac ou l'intestin grêle, déclara le Dr Noguchi. Aucun résidu. Pas de cristaux réfringents. Et pourtant les flacons de comprimés vides montraient que Marilyn Monroe avait avalé de 40 à 50 comprimés de Nembutal et un grand nombre de comprimés d'hydrate de chloral.»

     

    L'un des problèmes posés par l'examen ne fut donc pas tant ce que le Dr Noguchi et John Miner trouvèrent, mais ce qu'ils ne trouvèrent pas.

     

     

     

    John Miner.

     

    Autre facteur important lors de l'examen tant externe qu'interne: l'absence d' «odeur de poire». Les médecins légistes savent que les victimes d'une ingestion d'hydrate de chloral dégagent une forte odeur, dite «de poire». Ce n'est pas le cas lorsque la dose fatale d'hydrate de chloral a été injectée par voie intraveineuse et non ingérée par le tube digestif.

     

    L'autopsie sur le corps avait duré cinq heures. On ramena ce qui restait de Marilyn Monroe dans le casier n° 33 de la morgue. C'est peu après 22 heures, ce dimanche soir, que le photographe de Life Leigh Wiener s'introduisit dans la morgue du comté. Moyennant une bouteille de whisky, l'employé de la morgue lui ouvrit le casier n° 33 et en tira le corps pour que Wiener prenne quelques photos. Il en prit plusieurs du cadavre, couvert et découvert. Ce fut la dernière séance de photos de Marilyn Monroe.

     

     

    TESTAMENT

     

    MOI MARILYN MONROE - Publie et déclare que ceci est mon testament

     

      Je révoque ici tout testament et codicille antérieurs faits par moi.
      Je désigne mon exécuteur testamentaire ci-après et lui demande de payer mes dettes justifiées, mes dépenses d'enterrement et charges testamentaires aussi vite après ma mort que possible.
      Je demande que toutes les taxes de succession, de propriété ou d'héritage puissent être payées par ma succession sur les legs ou devises qui seront distribués par ma succession
    a) Je donne et lègue à BERNICE MIRACLE si elle me survit la somme de 10.000 dollars.
      b) Je donne et lègue à MAY REIS si elle me survit la somme de 10.000 dollars.
      c) Je donne et lègue à NORMAN et HEDDA ROSTEN ou au survivant des deux ou à leur fille Patricia ROSTEN la somme de 5.000 dollars pour l'éducation de Patricia ROSTEN.
      d) Je donne et lègue tous mes effets personnels et mes vêtements à LEE STRASBERG s'il me survit ou au cas de sa mort à mon exécuteur testamentaire nommé ci-après et lui demande de distribuer ces effets parmi mes amis, collègues, ainsi que ceux qui m'entourent.
      Je donne et lègue à mon administrateur nommé ci-après la somme de 100.000 dollars en trust pour les usages suivants
      a) de préserver, gerer, investir et réinvestir ladite propriété et d'en recevoir le revenu.
      b) de payer avec le revenu les sommes qu'il faudra avancer jusqu'à 5.000 dollars annuellement en traites trimestrielles pour l'entretien de ma mère GLADYS BAKER durant toute sa vie.
      c) de payer avec le revenu les sommes qu'il faudra avancer jusqu'à 5.000 dollars annuellement en traites trimestrielles pour l'entretien de MRS MICHAEL CHEKHOV durant toute sa vie.
      d) A la mort de ma mère GLADYS BAKER ou de MRS MICHAEL CHEKHOV ou des deux de donner le principal qui reste en trust avec les autres revenus au Dr MARIANNE KRIS pour qu'elle puisse continuer son travail dans les institutions ou les groupes psychiatriques de son choix.
      Tout le reste résidus et restants de ma succession de nature réelle ou personnelle qui me resteront à ma mort je donne et lègue de la manière suivante :
      a) à MAY REIS la somme de 40.000 dollars ou 25% de la totalité de ma succession.
      b) au Dr MARIANNE KRIS 25% de la totalité restante pour qu'elle puisse s'en servir pour les besoins qui sont notés dans le 5° article de mon testament.
      c) à LEE STRASBERG le restant de la totalité.
      Je nomme, constitue et désigne AARON R. FROSCH comme mon exécuteur testamentaire. Au cas où il mourrait, se désisterait, ou pour toute autre raison se trouverait dans l'incapacité d'exécuter, je nomme, constitue et désigne L. ARNOLD WEISSBERGER à sa place et en son lieu.
      Je nomme, constitue et désigne AARON R. FROSCH administrateur de mon testament. Au cas où il mourrait, se désisterait, ou pour toute autre raison se trouverait dans l'incapacité d'exécuter, je nomme, constitue et désigne L. ARNOLD WEISSBERGER à sa place et en son lieu.
        MARILYN MONROE

     

    Signé, scellé, déclaré et publié par Marilyn Monroe la testataire nommée ci-dessus comme son dernier testament en notre présence et à sa demande en sa présence et en présence les uns des autres, nous avons signé comme témoins ce 11ème jour de janvier 1961.

     

       

     

     

    Quand en 1963, les biens de Marilyn furent finalement estimés, ils s'élevaient à 92.781 dollars (environ 375.000 dollars actuel). La seconde femme de Lee Strasberg, qu'il épousa après le décès de Paula en 1966, devint à sa mort en 1982 la seule bénéficiaire ; c'est ainsi qu'Anna Mizrahi Strasberg, que Marilyn n'avait jamais rencontrée, devint l'héritière de la fortune de Marilyn --qui comprenait principalement les revenus des royalties de ses films et des droits d'utilisation de son image sur les tasses de café, les T-shirts, les stylos, etc--. En 1992, ces revenus annuels dépassaient le million de dollars. A cette époque, Marianne Kris était décédée

     

    depuis longtemps. Son héritière a maintenant la clinique Anna Freud Children's de Londres.

     

    SOURCES : http://www.thinesclaude.com/marilyn--extrait-du-livre-de-don-wolfe.php

     

     

     

     

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  • Femme

     

     

    Un assassinat maquillé en erreur médicale... ou le contraire...!!

     

    La conclusion de Don Wolfe, auteur de " Marilyn Monroe, Enquête sur un assassinat " (1998) est définitive: Il y a 40 ans, dans la nuit du 4 août 1962, Marilyn Monroe fut assassinée dans sa demeure au 12305 5th Helena Drive.

    Elle implique Bobby Kennedy et tout un réseau de témoins, des proches de l'actrice qui se sont tus pendants des décennies. Poursuivant les recherches du journaliste de la BBC, Anthony Summers dont les révélations firent grand bruit en 1985

    (" Les vies secrètes de Marilyn Monroe "),

    Don Wolfe relate et explique la vérité froide d'un des crimes les plus odieux de ce vingtième siècle à la lumière de témoignages fracassants qui se sont encore égrenés pendant plus de 15 ans jusqu'en 1998.

    Depuis 1962, les autorités américaines ont toujours refusé la moindre enquête à propos du décès de l'actrice.

    " Suicide probable " aux barbituriques reste la mention convenue immuable.

    Ce qui laisse planer un doute. Donc il y aurait dû avoir une enquête parallèle.

     

     

     

     

     

     

     

    Plan de la maison.

     

     

     

    Alors qu'une foule d'irrégularités s'est produite à la suite de la découverte du corps, des détails étranges ont été mis de cotés, des invraisemblances se sont accumulées, des témoins se sont rétractés.

    Ainsi l'actrice serait morte enfermée dans sa chambre, dans son lit, absorbant sans verre d'eau (aucune trace sur les lieux) de 27 à 42 comprimés de Nembutal, 12 à 23 comprimés d'hydrate de chloral et entre 11 et 24 comprimés supplémentaires de Nembutal pour expliquer la concentration que l'on a retrouvée dans le foie.

    Il n'existe pas dans le monde un seul exemple de cas ayant ingéré plus de 12 comprimés sans que l'on retrouve des résidus dans le tube digestif :

    L'autopsie du corps de Marilyn opérée le 5 août 1962 par le médecin légiste le Dr Noguchi n'en révéla aucun, ni même de cristaux réfringents, aucune concentration de barbiturique dans l'estomac ni les intestins.

    La concentration dans le sang de pentobarbital et d'hydrate de chloral associés était telle qu'il est impossible que Marilyn Monroe ait pu prendre par voie orale ces comprimés : Elle serait morte après avoir ingéré 35% de la prise globale.

    Marilyn Monroe est bien décédée d'une injection.

    La médecine mettra aussi en évidence que le corps de Marilyn à été déplacé, une double lividité cadavérique prouve qu'elle n'est pas morte sur le ventre comme on l'a retrouvée mais sur le dos.

     

     

     

     

     

     

    Le Docteur Thomas Noguchi.

    Les frères Bobby et John Kennedy.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Mrs Murray juste après la levée du corps de Marilyn.

     

    On le sait aujourd'hui Marilyn Monroe a rendu l'âme aux alentours de 22h30 le 4 août soit environ 6 heures avant que l'on ne prévienne la police.

    Entre temps les actants du meurtre avaient eu tout le temps nécessaire de disparaître et les témoins, accaparés par l'idée de cacher la vérité, de mettre au point leur propre version des faits. On a le temps de faire beaucoup de choses en 6 heures...

    Quand vous pensez que de vulgaires malfrats ont besoin de quelques minutes pour effacer toutes traces de leur passage. Alors de hautes autorités...!!

    Don Wolfe, Anthony Summers et d'autres encore, dont Jack Clemmons (le premier flic sur les lieux du drame) ont travaillé sans relâche pendant des années afin d'établir le scénario de la nuit du 4 août 1962 et arracher les moindres éléments de vérité à l'entourage de Marilyn.

    Les témoins qui avaient menti ou caché la vérité révélèrent au fil des années des détails qui, une fois rassemblés, permettaient de reconstituer le puzzle.

     

     

     

     

     

    Mais davantage les journalistes et détectives retrouvèrent trois témoins clés jamais intérrogés qui avaient vécu le drame.

    En 1982, James Hall affirma avoir été appelé à se rendre d'urgence à la demeure de Marilyn Monroe alors qu'il était ambulancier en 1962.

    Hall était accompagné à l'époque de son collègue Murray Leibowitz retrouvé seulement en 1993 et qui confirma tout.

    Ils avaient été accueillis par Pat Newcomb (amie et attachée de presse de Marilyn)

    survoltée et paniquée au 12305 5th Helena Drive dans le petit pavillon. Marilyn gisait sur son lit à moitié morte.

    Ils déplacèrent Marilyn dans le petit salon pour une séance de réanimation qui nécessitait de la place et le dos au sol. Au moment où les réanimateurs réussissaient leur entreprise et étaient sur le point de chercher le brancard, Ralph Greenson (le psy de Marilyn) leur imposa de faire du bouche à bouche à la mourante sans succès.

     

    Dans son élan, le Dr Greenson tenta une injection intracardiaque d'adrénaline directement dans le cœur.

    Ayant touché une côte et au lieu de ressortir l'aiguille, il persista.

    Marilyn mourut à cet instant.

     

     

     

     

     

     

     

    Jack Clemmons. Pat Newcomb et Marilyn.

     

     

     

     

    Ralph Greenson.

    Marilyn et sa gouvernante Eunice Murray.

     

    En 1993 les enquêteurs retrouvèrent également Norman Jefferies alors très malade mais qui fut présent pendant toute la journée du 4 août 1962 chez Marilyn.

    Proche de Mrs. Murray, il était affecté à des travaux dans la maison de la star et il confirma le témoignage de Hall.

    Mais surtout il avait aussi été le témoin de la venue de Bobby Kennedy et de l'acteur Peter Lawford chez Marilyn dans l'après midi.

    Confirmée par des enregistrements d'un détective privé (Marilyn était sur écoute) la rencontre fut violente, Marilyn en colère à l'encontre de l'attorney, il y eut des coups.

    Plus tard dans la soirée entre 21h30 et 22h Robert Kennedy accompagné de deux hommes retournèrent chez Marilyn.

    Jefferies témoigne qu'il lui a été sommé ainsi qu'à Mrs Murray (femme "à tout faire" de Marilyn) de déguerpir.

    Celle-ci mentionnera pour l'enquête :

    "A 20 heures 30, j'ai reçu un autre appel téléphonique.

    C'était Mickey Rudin, le beau-frère du docteur Greenson.

     

     

     

     

     

    Maison de Marilyn en 3D

     

    J'ai trouvé l'appel un peu bizarre : il ne voulait pas parler à Marilyn, il m'a juste demandé si elle était là et si elle allait bien. Après ma réponse affirmative, il a raccroché.

    Marilyn reçut également un coup de fil de Joe Di Maggio Junior, le fils du joueur de baseball.

    La conversation était animée et joyeuse. Marilyn était particulièrement heureuse d'apprendre que Joe avait mis fin à une relation qu'elle n'épprouvait pas du tout.

    Après ce coup de fil, Marilyn était enthousiaste, gaie.

    Elle a même directement téléphoné la bonne nouvelle au docteur Greenson".

    Rien ne laissait présager le moindre suicide, au contraire ! Donc, inquiets, Jefferies et Mrs Murray sommés de déguerpir allèrent chez des voisins de l'actrice.

    Une demi-heure plus tard, en revenant au 12305 5th Helena Drive, ils découvrirent Marilyn nue sur le divan. " J'ai cru qu'elle était morte, déclara Jefferies.

    Elle était sur le ventre, une main tenant plus ou moins le téléphone. Je n'avais pas l'impression qu'elle respirait et elle avait une couleur affreuse ".

    Mrs. Murray appela une ambulance. Puis elle appela le Dr Greenson qui vint immédiatement ainsi que le Dr Engelberg.

    Comme l'écrit Don Wolfe dans son ouvrage:

    " Tout porte à croire à un crime prémédité.

    Marilyn reçut une injection en présence de Bobby Kennedy et la dose était assez forte pour tuer quinze personnes "

     

     

    La conclusion de Don Wolfe, auteur de " Marilyn Monroe, Enquête sur un assassinat " (1998) est définitive: Il y a 40 ans, dans la nuit du 4 août 1962, Marilyn Monroe fut assassinée dans sa demeure au 12305 5th Helena Drive.

    Elle implique Bobby Kennedy et tout un réseau de témoins, des proches de l'actrice qui se sont tus pendants des décennies.

    Poursuivant les recherches du journaliste de la BBC, Anthony Summers dont les révélations firent grand bruit en 1985 (" Les vies secrètes de Marilyn Monroe "), Don Wolfe relate et explique la vérité froide d'un des crimes les plus odieux de ce vingtième siècle à la lumière de témoignages fracassants qui se sont encore égrenés pendant plus de 15 ans jusqu'en 1998.

    Depuis 1962, les autorités américaines ont toujours refusé la moindre enquête à propos du décès de l'actrice. " Suicide probable " aux barbituriques reste la mention convenue immuable.

    Ce qui laisse planer un doute. Donc il y aurait du avoir une enquête parallèle.

     

     

     

     

    Peter Lawford.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les mobiles de Kennedy à l'encontre de Marilyn étaient nombreux: L'actrice était à la fois un lien entre lui, son frère (Marilyn fréquentait aussi John, le Président) et la mafia. Elle connaissait des secrets d'Etats de la plus haute importance.

    Dans les derniers mois de sa vie, Marilyn Monroe était devenue une amoureuse hystérique, harcelant la Maison Blanche de coup de téléphones furieux, enragée d'être rejetée.

    La " blonde stupide " était également une femme au journal intime menaçant qui avait laissé planer à de nombreux proches combien elle était capable de se rebeller.

    Marilyn dont le goût pour les médicaments mélangés à de la vodka était connu et qui avait plusieurs fois attenté à sa vie sans succès (souvent sauvée de justesse) donnait un alibi tout indiqué à ses meurtriers.

    En 1962, après sa mort et croyant au suicide, nombreux de ses amis dirent combien ils n'étaient guère étonnés de sa disparition.

    Beaucoup avaient vécu les coups fils de l'actrice dépressive à 3 heures du matin ou encore ses états d'ébriété tels qu'il fallait être vigilant, la surveiller, s'occuper d'elle comme une enfant.

    Paradoxe que cette mort monstrueuse pour cette femme si douce en réalité, dont Arthur Miller, qui fut son mari, disait :

    " Si l'on veut vraiment comprendre Marilyn, il faut la voir avec des enfants ; Les enfants l'aiment à la folie ; elle se comporte comme eux, envers la vie : la même simplicité, les mêmes attitudes directes ".

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES FAITS SELON MRS MURRAY ET CERTAINES PRESSES.

     

     

     

    Eunice Murray, l'infirmière placée chez l'actrice par son psy, Ralf Greenson, Marilyn apparut tôt ce 4 août, plutôt enjouée bien qu'ayant à peine dormi. Elle accepte un jus d'orange.

    A midi, pourtant, les bruits d'une altercation alertent Mrs Murray.

    Sa patronne reproche à Pat Newcomb, son amie et son attachée de presse, de lui avoir confisqué ses somnifères.

    Les portes claquent (une version se propagera comme quoi la star renvoya Pat Newcomb, Mrs Murray et Jefferies, l'homme à tout faire, les jugeant tous sous la coupe du psychiatre et des Kennedy).

    Dans l'après-midi, le Docteur Greenson passe pour une séance et s'entretient deux heures avec sa célèbre patiente.

    Il la trouve "désorientée".

    Marilyn se calme et finit la journée en robe de chambre, au lit et au téléphone. Aucun indice alarmant ne permet à son entourage d'envisager un acte suicidaire.

    A 19 heures 30, la gouvernante l'entend rire, en ligne avec le fils de Di Maggio.

    Selon se que l'on sait aujourd'hui, 3 heures après elle était à l'agonie.

    A minuit, toujours selon Mrs Murray, elle va voir Marilyn :

    "J'ai vu de la lumière sous la porte. J'ai voulu entrer. La porte était fermée à clef.

    Prise de peur, j'ai téléphoné au Docteur Engelberg".

     

     

     

     

     

     

    Le Docteur Engelberg et Mrs Eunice Murray

     

     

     

    Il arrive vers 00 heure 30 rejoint par le Docteur Engelberg.

    Pourtant le coup de téléphone annonçant la mort de Marilyn au sergent Jack Clemmons fut passé à 4 heures 25, soit un trou de 4 heures...!

    Et cela intrigue le premier enquêteur, Jack Clemmons.

    Pour entrer dans la chambre, le docteur Greenson a brisé la vitre côté jardin.

    Selon le sergent Clemmons, l'attitude des médecins est suspecte. Ils sont fuyants, "s'éclipsent pour téléphoner avec des mines de conspirateurs".

    Et surtout un détail le frappe.

    Au moment d'interroger la gouvernante, il retrouve Mrs Murray dans une buanderie, agitée, en train de...laver des draps...!!

    Marilyn est nue, un drap champagne rabattu sur elle. La table de chevet est couverte de flacons, dont celui, vide, du fameux Nembutal.

    Avec une main crispée sur le téléphone, comme si, dans un dernier souffle, elle avait voulu appeler. Mais le corps semble avoir été bougé (comme le prouvera la lividité cadavérique). Alors pourquoi cette mise en scène ?

    La mort a été constatée le 5 août 1962 à 3 heures 45 du matin".

    Avec en conclusion : "Raison probable de la mort : une dose mortelle de Nembutal".

    C'est signé par le sergent R.E. Byron, qui vient de relever son collègue Clemmons et s'empresse d'expédier l'affaire au service des suicides.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La chambre le soir du drame. Robert Kennedy.

     

     

     

    Clemmons conteste cette procédure expéditive.

     Pour lui : "Marilyn était morte depuis plusieurs heures avant que la police n'ait été prévenue.

    Son corps avait une rigidité post mortem".

    Le 5 août est pratiquée l'autopsie par un jeune médecin, Thomas Noguchi.

    Il y passe cinq heures, sous pression du coroner.

    Son rapport disparaît, puis réapparaît sous forme de copie.

    "J'attribue le décès à une introduction aiguë de barbituriques due à l'ingestion d'une dose toxique". Mais tous les protagonistes de cette nuit reviendront sur leurs témoignages. L'autopsie s'avère tronquée, incohérente.

    La version officielle va lentement s'effondrer.

    Jack Clemmons, le premier policier sur les lieux - qui réclame une enquête - est mis à pied. Cet officier a pourtant toujours été bien noté.

      

     Son rapport....s'évapore !

      

    Puis les médecins vont contester les notes d'autopsie.

    Sydney Weinberg, d'abord, pathologiste à l'université de New York - une sommité - se montre sceptique.

    Il est très rare qu'une femme se suicide nue"

    En 20 ans, je n'ai vu qu'un seul cas....sur des milliers !".

    Et s'il y avait eu absorbion de Nembutal, pourquoi ne trouve-t-on aucune carafe d'eau, ni bouteille autour de son lit...?

    Aucune trace d'eau...!

    Vous conviendrez avec moi qu'il est extrêmement difficile d'avaler une "tonne" de médicaments sans eau...!!

    Et tout le monde est formel sur ce détail, il n'y avait pas d'eau...!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La chambre de Marilyn. Peter Lawford. L'enlèvement du corps.

     

     

     

    Forrest Chapamn, autre légiste, privilégie l'assassinat :

    "L'absence totale de barbiturique dans les voix digestives indique une absorption non orale".

    Mais on n'a trouvé aucune seringue près du corps (et la question de trace de piqûre fait polémique. Le rapport du Docteur Nogushi ayant disparut..;!!)

    Reste une explication.

    Selon l'autopsie, Marilyn avait un gros bleu sur la fesse, et son anus était meurtri.

    La pudeur étouffa cette constatation.

    Mais elle corrobore l'hypothèse d'un lavement aux barbituriques.

    Si Marilyn était inconsciente, ce lavement l'achevait, expliquant l'absence de barbiturique dans l'estomac.

    Et on se souvient brusquement de Mrs Murray, la gouvernante, surprise en pleine nuit par Clemmons en train de laver des draps !

    Pour effacer les traces de ce lavement fatal...?

    L'enquête, baclée, est truffée de disparitions.

    Un cahier rouge d'abord, le journal de Marilyn, dans lequel l'assistant du coroner, Grandison, se souvient avoir vu le nom des Kennedy.

    Ce cahier a disparu des pièces à conviction. Grandison, qui signa l'acte de décès douteux, révèle aussi y avoir été forcé par ses supérieurs.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une preuve irréfutable..!

     

    Les échantillons d'intestins, de reins et d'urine demandés par le premier légiste Noguchi disparaissent.

    Au central téléphonique, toutes les fiches des appels passés et reçus par Marilyn manquent aussi...! Selon les employés :

    "Des hommes en gris sont venus la chercher".

    Enfin, des dépositions des témoins du drame se fissurent. Mrs Murray déclare avoir trouvé le corps non plus juste après minuit mais vers 3 heures du matin.

    Le psychiatre Greenson, lui aussi, se contredit. Au fil des ans, de tous les horizons, cinématographiques, policiers, médicaux, mafieux, des témoins parlent.

    Jusqu'au coup de grâce, avec le livre bombe de Donald H. Wolfe,

    "Enquête sur un assassinat" (paru chez Albin Michel en 1998).

    S'appuyant sur le rapport de toxicologie, un peu oublié, du docteur Abernethy en 1962, il rappelle que le sang de Marilyn contenait 4,5 milligrammes de barbituriques, 8 d'hydrate de chloral, plus 13 de pentobarbital dans le foie.

    Pour une telle concentration, elle aurait dû avaler entre 52 et 89 comprimés ! (les cas de suicide recensés n'excèdent pas 12 comprimés !).

    De quoi tuer entre 9 et 20 personnes....

    L'ingestion, le suppositoire ou même le lavement ne suffisent plus. Seule possibilité : une injection massive ou complémentaire, en intraveineuse. Et de ceci, nous en sommes certains...!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ordonnance de la pharmacie de Marilyn pour l'année 1962.

     

     

    Calendrier de Marilyn pour sa prise de médicaments.

     

    En août 1962 les deux Kennedy, font vivre à Marilyn un véritable enfer...! John, le président (Marilyn l'appelait Prez) et son frère Robert (Bobby), ministre de la Justice (quelle justice ??!!).

    Avec John la liaison dure depuis 1951. Devenu président en 1960, Marilyn, sous une perruque brune et un bloc-notes à la main, jouait même les secrétaires pour le rejoindre dans l'avion Air-Force 1.

    Le 19 mai, pour ses 45 ans au Madison Square Garden, elle est allée lui susurrer un torride "Happy Birthday Mister Président". Mais Kennedy, assiégé par son clan et la CIA, a rompu. Bobby est chargé de la prévenir. Mais à son tour, il tombe sous le charme et dans les bras de la star enfant.

    Lui aussi, ministre très catholique et père exemplaire de 7 enfants, est en danger. Il informe "la déesse" : plus jamais elle ne reverra ni "Prez", ni lui.

    Les dernières enquêtes sur Marilyn mentionnent un avortement, quinze jours avant sa mort. 20 ans plus tard, Norman Jefferies, va revenir sur sa parole avant de mourir : Robert Kennedy est bien venu à Brentwood le 4 août, une ultime imprudence.

    La villa est saturée d'écoutes (commanditées par Marilyn elle-même qui veut défier les Kennedy, par son premier mari, Di Maggio et - plus paniquant encore - par Jimmy Hoffa, chef de la mafia qui cherche des moyens de pression sur le pouvoir Kennedy).

    La maison voisine, appartenant à Peter Lawford, beau-frère des Kennedy, est également écoutée, une villa lupanar utilisée pour "la détente sexuelle" des frères Kennedy.

     

    La chambre de Marilyn. Robert Kennedy et sa femme Ethel. La police inspecte la porte.

    Bobby Kennedy arrive vers 16 heures. Une violente altercation éclate. (Des policiers ont reconnu avoir entendu ces bandes et le coiffeur de Marilyn confirme cette visite). Bobby réclame un cahier, dans lequel Marilyn a consigné les promesses de John et les secrets d'Etat que Bobby, volubile après l'amour, lui a confiés.

    Elle explose, se sent "traitée comme de la viande". Bobby la menace. Selon plusieurs sources, elle se disait prête à contacter la presse.

    C'est l'hallali. "Elle avait une trouille noire, je n'avais jamais vu ça", dit Jefferies. "Elle était incontrôlable", confirma également, enfin, la gouvernante Murray, qui d'urgence rappela le docteur Greenson. Il calma Marilyn.

    Mais selon Jefferies, vers 21 heures 30, Bobby est revenu avec deux hommes.

    Elizabeth Polards, une voisine, l'aurai vu aussi.

    Ils ordonnent aux deux domestiques de "déguerpir".

    Ils vont chez les voisins, comme je l'ai noté plus haut.

    Bobby et ses hommes quittent la villa.

    A leur retour, Eunice murray et Jefferies trouvent Marilyn comateuse sur le parquet du pavillon d'amis.

    Ils appellent le docteur Greenson.

    Il tente une piqûre d'adrénaline et appelle une ambulance.

    "Ce fut la folie" se souvient Jefferies.

    Hall, l'ambulancier, certifie avoir trouvé Marilyn inanimée et l'avoir mise sur le dos pour tenter de la ranimer.

    Une douzaine de policiers en civil s'agitent dans la maison.

    Marilyn serait morte peu après la piqûre ou dans l'ambulance (selon le biographe de Peter Lawford) qui rebroussa chemin vers la villa.

    A minuit passé, "la version d'un suicide en huit clos est adoptée". Ambulance et policiers disparaissent. Bobby quitte Los Angeles.

    A 4 heures 45, on prévient enfin l'officier de service Clemmons...

    Le lendemain 5 août, à l'évidence, les pouvoirs de l'Amérique ont mis la main dans un drame, un drame qui ne sent pas bon, pas bon du tout !!

    Ont-ils voulu vider la maison de toute trace des Kennedy ?

    Marilyn, comme le dira Peter Lawford, leur-a-t-elle "claquer" dans les doigts ?

    Panique, exécution...?

    Deux choses sont sûres : la première c'est que ce 5 août au matin, Bobby Kennedy était tout souriant, serein, estival (alors au courant du décès de Marilyn) à la messe de neuf heures à San Francisco...

    La deuxième c'est que l'assassinat est patent.

    De ce fait, au jour d'aujourd'hui, la seule chose que l'on soit certain dans cet imbroglio de l'époque, c'est que Marilyn Monroe a été assassiné par Bobby Kennedy et ses hommes.

     Un point, c'est tout...!!

     

     

     

     

    SOURCES : http://www.thinesclaude.com/marilyn--son-assassinat.php

      

      

      

     

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  • 1962 L'Année de tous les dangers...!

    1962...!

    On ne rencontre plus que très rarement son nom dans la presse alors qu'autrefois, il ne se passait pas un seul jour sans qu'on ne l'y trouvât de multiples reprises.

    Que lui est-il arrivé ?

    Quelle est la tragedie que vit Marilyn ?

    Vit-elle vraiment une tragédie ?

    Mais en tout cas, tout permet de croire que ce doit être une tragédie pour elle qui fut la star la plus sensationnelle de Hollywood depuis Garbo.

    Chose curieuse d'ailleurs, elle a pris la succession de Garbo en tant qu'énigme n°1 du cinéma américain. Elle a 36 ans. Est-ce cet âge qui a tué son personnage et du même coup sa vogue ?

    Pour les hommes, elle représentait au mieux "l'enfant innocente, mais perverse, dans un corps de femme".

    Non seulement on ne rencontre pratiquement plus son nom dans les journaux, mais il ne vient même pas dans les conversations quand on discute des mérites comparés des vedettes les plus belles ou les plus sexy de l'époque.

    Pourquoi ?

    La réponse est facile pour ceux qui la connaissent bien.

    Dans Marilyn, 3 drames, 3 obsessions plutôt, se sont associés pour lui rendre la vie impossible et la détruire ; la peur de la laideur, la peur de perdre son bel amour, et la peur de la mort.

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'était la première obsession de Marilyn : la peur de devenir laide et grosse. Depuis très longtemps, elle était atteinte du disfonctionnement glandulaire ; cela la fit grossir du jour au lendemain de plusieurs kilos.

    Quelque temps avant de tourner "Something's got to give" elle avait grossi de 8 kilos ; pourtant, dans ce film, elle devait, comme on sait, tourner entièrement nue.

    Obsédée par son poids, elle téléphona à son vieil ami et ancien mari, Joe Di Maggio. Ancien champion de baseball, il connaissait tous les secrets du corps humain.

    Aussitôt il accourut à son aide, et en 20 jours, il réussit à lui rendre son poid normal et 55 centimètres de tour de taille. Mais pour suivre son régime et ses difficiles et pénibles leçons de culture physique, elle ne pouvait tourner.

    En un mois, elle ne fit que trois apparitions sur les plateaux de la Fox, pour sa célèbre scène déshabillée du film "Something's got to give".

    Le reste du temps, elle le passait dans sa nouvelle maison de Pacific Palisades en compagnie de Joe Di Maggio ; c'est à cette époque-là que les mauvaises langues affirmèrent qu'une nouvelle idylle était née entre eux.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Après les trois jours de tournage, la direction de la Fox était très contente ; Marilyn était redevenue la jolie jeune femme que le studio avait engagée 7 ans avant, pour une série de 12 films.

    Que de patience il fallait avoir à l'époque pour travailler avec la super vedette ! Outre ses humeurs changeantes, ses caprices, ses absences, elle imposait aux producteurs de dépenser beaucoup d'argent.

    Or, pour les producteurs, l'argent est plus important qu'une actrice de renom. Finalement, ce sont eux qui "fabriquent" les vedettes...!

    Quand Marilyn tournait une scène où elle était éloignée de la caméra, c'est-à-dire quand elle apparaissaît en pied sur l'écran, tout allait bien. Mais quand on devait faire des gros plans d'elle, c'était autre chose !

    Il fallait recouvrir caméra et projecteur d'un mince filet de nylon pour adoucir ses traits et ses rides.

    Ce travail exige un temps considérable et ne donne pas de très bonnes images. Enfin, quand Marilyn avait tournée 3 plans dans une journée, c'était le maximum.

    Et pour qu'un film soit rentable, il faut en faire au moins 12...!

    La Fox ne pouvait plus se permettre d'avoir des actrices du style de Liz Taylor et des genres de films comme "cLéopâtre" qui coûta des milliards. ; quand elle s'aperçut que le budget de "Something's got to give" devrait être multiplié par trois, elle licencia Marilyn...!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En attendant, Marilyn suivait un régime alimentaire.

    Elle avait aussi fait installer dans une des grandes pièces de sa villa, des appareils de culture physique de toutes sortes. Les murs étaient recouverts de miroirs qui la reflétaient dans ses moindres gestes.

    Plus encore que le travail, Marilyn savait que la laideur risquait de lui faire perdre son bel amour. Car elle était follement amoureuse, ce qui lui compliquait les choses.

    C'était en février 1962.

    La Fox lui avait demandé de faire une tournée publicitaire au Mexique, et tout particulièrement à Acapulco.

     

    Elle arriva deux jours avant la date prévue pour se reposer.

    Le soir même, elle faisait la connaissance d'un beau mexicain du nom de José Balanos, un play-boy de 31 ans, qui était payé par le syndicat d'initiative de la célèbre plage pour accompagner les grandes vedettes dans la ville.

    Il les faisait danser dans les cabarets, se trouvait à leur droite dans les dîners officiels.

     

    Ce fut le coup de foudre pour Marilyn, malgré les conseils de ses amis qui la mirent en garde contre le play-boy professionnel : elle tomba follement amoureuse de lui. Un jour il lui offrit un rubis en lui disant :

    "Si tu était brune comme nos jeunes femmes, cela t'irait encore mieux."

    Le soir même elle se faisait teindre les cheveux.

    On pouvait les rencontrer dans les cabarets, dansant amoureusement.

    L'aube venue, José payait un guitariste qui les accompagnait sur la plage et leur jouait des mélodies anciennes.

    Pour Marilyn c'était le paradis.

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

     

     

    Avec José Bolanos. Son dernier amour...?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Elle ne remarquait pas les sourires narquois quand elle apparaissait au bras du jeune homme, toujours vêtu de chemises vert pistache et de pantalons noirs fendus sur le côté.

    Elle le présenta à tout le monde comme un très grand dialoguiste de films : bientôt tous les producteurs se l'arrachèrent.

    Bientôt, il eut tellement de contrats qu'il délaissa un peu Marilyn pour travailler. Quand ils se séparèrent pour deux mois, il lui dit :

    "Fais bien attention en prenant l'avion, il y a tellement d'accidents"..!

    Marilyn suivit ses conseils, ne voulut plus voyager qu'en train et en bateau. Car elle avait aussi peur de la mort.

    Une fois rentrée en Californie, elle prit l'habitude de lui envoyer des messages sur des bandes de magnétophone.

    Dans sa chambre à coucher, elle enregistrait de longues heures ;

    c'étaient toujours des appels à l'aide et de longues missives.

    Elle le demanda même en mariage !

    José lui répondit que le jour où il se marierait ce serait pour avoir des enfants, et Marilyn ne pouvait pas en avoir. Aussi a-t-il refusé catégoriquement de l'épouser.

    Le soir où elle apprit cette terrible nouvelle, elle crut devenir folle.

    Depuis de nombreuses années, elle avait l'habitude, quand elle ne pouvait s'endormir ou quand elle était angoissée, de téléphoner à son ami maquilleur, Whitney Snyder.

    Elle lui parlait pendant des heures.

    Une fois même, elle lui avait fait promettre que, le jour de sa mort, ce serait lui qui la maquillerait.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le chien de Marilyn. Sur la photo de gauche on l'emmène après la mort de l'actrice.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    - "Je veux être la plus belle, même morte : je veux que l'on dise que j'étais la plus belle femme du monde." En échange, Marilyn fit de Whitney son seul héritier.

    Cette nuit-là, elle décrocha le téléphone et composa le numéro qu'elle connaît par coeur ; pour la première fois, le maquilleur n'était pas là pour répondre à son appel.

    Affolée, elle s'habilla en hâte et elle se précipita dans la rue, pour trouver quelqu'un à qui parler.

    Devant sa porte, elle attendait elle ne savait pas quoi.

    Tout à coup apparut une voiture : instinctivement, elle leva la main, c'était une camionnette d'électricien. L'homme revenait d'un dépannage de nuit.

    Il s'arrêta et quand il entendit Marilyn, qu'il avait reconnue, lui demander si elle pouvait monter à côté de lui pour bavarder, il n'en crut ni ses yeux ni ses oreilles.

     

    Dans la vieille camionnette, ils se promenèrent longtemps. Elle se confessa entièrement au vieil homme, Billy Walter.

    Elle lui avoua combien elle avait peur de la mort. Il sut employer des mots simples de bon père de famille qu'il était.

    Deux heures plus tard, quand il la déposé à nouveau devant sa porte, Marilyn n'avait plus peur de ses 36 ans.

     

    Aussitôt chez elle, elle téléphona à Arthur Miller, son ex-époux, pour lui raconter son aventure de la nuit, car auteur-dramatique, il est très friand de ce genre d'aventures.

     

    A la fin de la conversation, il lui dit cette phrase terrible :

     

    "Quand tu seras vieille, il ne restera plus de toi que des photos".

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A l'Actor's Studios Marilyn trouva une véritable famille. Ici Lee Strasberg et Paula en compagnie de Marilyn.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tout était à refaire pour le vieil électricien...!

    Comment pourrait-elle encore être "la plus belle, même morte" si elle devenait vieille ? Marilyn ne parvenait plus à trouver le sommeil.

      

    En janvier 1962, elle acquiert ce qui sera sa dernière demeure, à Brentwood dans les environs de Los Angeles.

    Elle vit des allers-retours entre son médecin Greenson et DiMaggio ainsi qu'un coma dû à des barbituriques, tout cela alors qu'un nouveau film se met en place.

    En effet, en mai 1962 ont lieu les premières prises pour Something's Got to Give, tournage pendant lequel elle s'annonce très souvent en arrêt maladie.

    Pour ce film, elle reçoit 100 000 dollars alors qu'il semble que George Cukor

    (le réalisateur) et Dean Martin (co-star) vont toucher chacun 300 000 dollars, alors qu'elle est, à ce moment, la plus grande star de l'époque, la presse étrangère lui ayant décerné ce prix à Los Angeles quelques semaines auparavant.

    Marilyn se déplace à New York pour l'anniversaire de JFK ce qui ne plaît ni à la Fox ni à Jacqueline Kennedy qui annule sa venue à la fête de son mari.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le 1er juin 1962, le jour de son 36e anniversaire, elle est présente sur le plateau, où une fête est organisée en fin de journée en son honneur : ce sera sa dernière apparition professionnelle.

    Le 7, la Fox la renvoie du tournage.

    Cependant, des négociations sont immédiatement engagées :

    le 20, la Fox annonce la reprise du tournage sous peu.

    Marilyn, dans le cadre d'une campagne de relations publiques pour restaurer son image auprès du grand public, permet des séances photo avec plusieurs photographes de premier plan et des interviews avec de grands magazines.

    DiMaggio et elle parlent remariage et une date est arrêtée au 8 août 1962.

    D'autres projets de films sont discutés et lancés autour de Marilyn, comme I Love Louisa et The Jean Harlow Story.

    La dernière semaine de sa vie va être riche en ordonnances pour des somnifères prescrites par deux médecins au moins...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le vendredi 3 août est consacré à de nombreux appels téléphoniques professionnels et privés, rencontres avec son psy, avec son amie Pat Newcomb.

    Le samedi 4 est identique : téléphones, travail dans le jardin, avec le Dr Greenson, balade sur la plage avec l'acteur Peter Lawford, beau-frère des Kennedy.

    Elle a été observée sous influence de tranquillisants et autres...

    À 19h45, elle a encore une conversation téléphonique avec Lawford où elle semble déprimée et confuse. Il rappelle plus tard mais la ligne est en dérangement, alors il opère plusieurs appels à des proches pour la joindre tout de même.

    Mme Murray, la femme-à-tout-faire qui vivait avec elle - engagée à la demande du Dr Greenson, sans aucune compétence, et, partant, soupçonnée d'avoir été une espionne à la solde du docteur - indique qu'elle va bien : il est alors 20h30.

      

    L'auteur David Spoto pense qu'à ce moment, Marilyn est déjà morte ou en train de mourir d'overdose.

     

     

     

    Ca, c'est la version "officielle". Vous lirez dans le chapitre de son assassinat la "vérité"...

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est à partir de cet instant que les versions diffèrent :

    qui est venu ?

    quand ?

    pourquoi ?

    qui a averti ?

    Et, surtout, à quel moment Marilyn est-elle morte exactement ?

    La police arrive chez elle à 4h35, le dimanche 5 août 1962, et Marilyn, nue, couchée dans son lit, est morte.

    Deux des proches médecins sont pourtant déjà sur place.

    Le mystère ne fait que alors commencer...

     

    Le 6 août, Di Maggio réclame, avec la demi-sœur de Marilyn, le corps de Marilyn et organise, pour le 8 août, des funérailles privées, auxquelles seules 24 personnes, triées sur le volet, sont conviées.

     

    Marilyn, qui avait tourné dans 30 films, n'avait que 36 ans.

     

     

     

     

     

     

     


    Marilyn avait la main crispée sur le récepteur téléphonique.

     

    Au dernier moment, elle avait voulu appeler de l'aide, mais personne ne l'avait entendue :

    ni ses maris, ni les psychiatres, ni surtout tous les gens qui vivaient autour d'elle et qui l'exploitaient.

    Aucun en qui elle sentit une profonde affection.

     

    Ne répétait-elle pas fréquemment :

     

    "A quoi bon tout cela, personne ne m'aime".

    Elle ressentait cette solitude comme autant de coups de poignards.

     

    C'était pour oublier qu'elle avait été cette petite Norma Jean Baker dans sa jeunesse vide d'affection et emplie de solitude, qu'elle voulait tellement être aimée.

     

     

    Quel cinglant échec...!

     

     SOURCES : http://www.thinesclaude.com/marilyn--lannee-de-tous-les-dangers.php 

      

      

      

      

      

     

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  • La personnalité de Marilyn...

    Le drame de Joe Di Maggio devait se reproduire quelques années plus tard avec Arthur Miller..! Cependant, lorsqu'elle l'épousa le 29 juin 1956 (Miller venait de divorcer quelques mois auparavant de sa femme Mary) elle était prête à se soumettre à toutes ses directives pour devenir enfin entre ses mains la grande actrice qu'elle rêvait d'être. Mais elle fit alors une déclaration catégorique qui contenait déjà la promesse de son futur divorce : "Naturellement, dit-elle, je ne cesserai pas pour cela d'être sexy. Non, je n'y renoncerai jamais". C'était d'avance proclamer qu'elle choisissait d'être la "déesse" plus que la femme et que, si un jour, la question se posait, elle préférerait à l'amour d'Arthur Miller, celui de ses millions d'admirateurs. Pendant 4 ans, depuis leur mariage, Arthur Miller fit de méritoires efforts pour s'adapter. Il accompagnait Marilyn sur le plateau. Il la guidait et la conseillait de son mieux. Il l'admirait quand elle tournait, il arrangeait ses différends avec ses réalisateurs ou avec ses partenaires, il jouait à la perfection le rôle de premier serviteur de la "déesse". Peu à peu, il ne s'appartenait plus. Lui, qui était un grand écrivain, il avait pratiquement ceccé d'écrire ; il ne publiait plus de nouvelles pièces ; Il ne se mettait plus à sa table de travail que pour oeuvrer à un scénario qui chanterait la gloire du mythe Monroe.

     

     

    Arthur Miller, Marilyn et Hugo leur chien.

     

    En mars 1956, elle change officiellement son nom de Norma Jeane Mortenson en Marilyn Monroe. Arrêt d'autobus (printemps). Le Prince et la danseuse (août 1956), pendant lequel on lui annonce qu'elle est enceinte; elle fera une fausse couche. Quelques mois plus tard, en 57, cette situation se répètera. C'est aussi en cette année qu'elle aurait eu une aventure d'un soir à l'Hôtel Beverly Wilshire avec Elvis Presley, 10 ans son cadet, selon les dires de l'ancien agent du rocker Byron Raphael à une entrevue au New York Post, il aurait gardé le secret depuis 50 ans pour ne pas nuire à leurs carrières respectives.

     

     

    Marilyn avait dit à Milton Green "Epouse-moi ou j'épouse Arthur Miller". Le 1° juillet 1956, il photographiera le mariage, célébré selon le rite juif.

     

     

     

    Arthur Miller et Marilyn côté campagne, côté ville.

     

    Miller fit un jour à Yves Montand et Simone Signoret une confidence qui explique combien ce rôle de serviteur de la "déesse" commençait à le fatiguer : "J'ai horreur que les gens me regardent, dit-il. Alors maintenant, je ne sors plus avec Marilyn". Et effectivement, elle se montra souvent sans lui en public. Il n'était qu'un mortel ! ; Il ne pouvait plus vivre à ses côtés de la même façon qu'elle et, quand elle redevenait la femme en se retrouvant seule à seul avec lui, cela ne suffisait pas à raccorder leurs existences. Aussi s'installent-ils à la campagne. Mais Marilyn n'arrive pas à retrouver son équilibre et connaît des nuits tourmentées. Un jour, Miller la trouve inanimée dans la maison. A la suite de ce malaise, Marilyn perdra l'enfant qu'elle attendait. Plus jamais elle ne pourra espérer être mère. Pour expliquer son divorce de Joe Di Maggio, Marilyn s'était plainte parce qu'il suivait la télévision plutôt que de s'occuper d'elle. Une "déesse" a besoin que l'on s'occupe d'elle, sinon elle n'existerait plus. Et, au premier rang de l'admiration des hommes, doit se trouver celle de son mari. Or le mariage et la vie en commun finissent par créer des habitudes prosaïques. Pour tous les hommes, Marilyn Monroe reste un mythe merveilleux parce qu'ils ne vivent pas avec elle mais Arthur Miller aimait lui, la femme quotidienne, et non le mythe ; et la "déesse" finit par se révolter contre ce sacrilège.

     

     

     

     

    En 1957 Marilyn commence à voir presque tous les jours un psychiatre , plusieurs psychanalystes dont Anna Freud et Ralph Greenson. Dès 1958 sa santé se détériore: elle prend du poids, boit, devient irascible. Elle refuse plusieurs films mais accepte Certains l'aiment chaud, tourné dès août. Une surdose de somnifères l'amène à l'hôpital en septembre. Marilyn tombe de nouveau enceinte, ce qui se solde par une nouvelle fausse couche.

     

     

     

    Lors de son voyage en Angleterre où elle fut présentée à la Reine Elizabeth.

    L'admiration passionnée que les hommes portaient à Marilyn pour son explosive féminité a une contrepartie logique : les femmes en général, la détestent, la jalousent surtout ! Pourtant, la plupart cherchent à l'imiter...Plus que n'importe qui, Marilyn avait su s'imposer un modèle, un style à imiter. Que ce soit dans le maquillage ou dans la coiffure. Jamais on ne vit autant de blondes..! Combien de modes, Marilyn ne lança-t-elle pas ? Depuis les chemises à carreaux portées sur des jeans, jusqu'aux tenues les plus osées, en passant par les chaussures à semelles compensées. Elle, à qui l'on avait reproché son manque de goût pour les toilettes, était devenue un critère d'élégance ! Elle savait que les femmes la haïssaient, mais elle acceptait cela avec cette égalité d'humeur qui était une de ses plus grandes qualités. Contrairement à ce que tant affirment avec hauteur, elle ne se signalait pas seulement par ses étonnantes formes physiques mais par son esprit direct et vif qui lui était tout à fait personnel. Les femmes admettaient à la rigueur qu'elle était belle, mais elles lui trouvaient de multiples défauts physiques. Elle la disaient "bête" en guise de vengeance contre cette trop féminine représentante de leur espèce. Elles lui pardonnaient au fond moins d'avoir de l'esprit (un esprit typiquement féminin) que d'avoir un corps parfait. Quelqu'un a dit avec justesse que sur 150 millions d'américains, 75 millions étaient pour Marilyn - les hommes - et 75 millions contre - les femmes ! Jamais dans toute l'histoire de Hollywood une femme n'avait provoqué une jalousie collective aussi tenace parmi les autres femmes.

     

     

     

     

     

    Zsa-Zsa Gabor, depuis "Eve" avait formellement interdit à George Sanders de lui adresser la parole ! Sur un plateau, ses partenaires féminines affectaient volontiers de l'ignorer ; elles étaient furieuses en effet, lorsqu'un homme - n'importe quel homme : acteur, réalisateur, producteur, journaliste - arrivait sur le plateau et qu'il ne "voyait" que Marilyn. Même Danny Kaye, raconte-t-on, la première fois qu'il la vit en chair et en os, en eut le souffle coupé. Ses partenaires féminines l'accusaient d'accentuer volontairement, même dans la vie, même sur le plateau, sa féminité pour monopoliser l'attention des hommes alors qu'il est certain que Marilyn agit ainsi sur les hommes malgré elle, en étant simplement elle-même : mais cela une femme ne peut l'admettre, et c'est bien compréhensible. Les maîtresses de maison de Hollywood ne l'invitent que lorsqu'elles y sont obligées ; elles la reçoivent, bien sur, parce que leur mari, quand c'est lui qui envoie les invitations, ne l'oublie jamais sur la liste. On a raconté l'histoire d'une de ces brillantes réceptions de Hollywood : les plus grandes vedettes féminines y étaient présentes, de Jane Russel à Susan Hayward. Il y avait sans cesse autour d'elles tout un cercle d'hommes empressés. Alors, la porte s'ouvrit et Marilyn entra, vêtue d'une robe sans épaules qui "tenait" par une sorte de miracle. Elle fit quelques pas dans la pièce. Toutes les conversations furent instantanément suspendues et l'on assista à ce spectacle ahurissant de voir les plus attractives vedettes féminines de l'écran seules et délaissées par tous les hommes présents. Les vedettes féminines lui en veulent parce qu'elle leur vole la pensée de leur mari et de leur fiancé.

     

     

     

    On sait qu'elles attaques furieuses Joan Crawford a lancées contre elle publiquement en l'accusant de trop se dévêtir lorsqu'elle "s'habillait" ; il n'est pas jusqu'à Mistinguett qui, faisant chorus avec ses soeurs, n'ait critiqué ses jambes : "Cette Monroe, a-t-elle dit, elle n'ose jamais présenter franchement ses jambes à la caméra, elle cherche toujours à cacher quelque chose ; moi, de mon temps, je pouvais montrer mes jambes sans crainte sous n'importe quel angle". La "féminité" est méchante ! Certains propos de Marilyn lui valent la hargne des femmes. Elles ne lui pardonnent pas d'avoir déclaré avec cette ingénuité perverse qui est sa caractéristique : "J'aime les hommes ; ils me comprennent !" Elle a dit aussi qu'elle était heureuse d'être une femme, mais elle a ajouté : "Parce que c'est aux femmes que s'intêressent les hommes". Les femmes y voient une provocation éhontée. Quand on lui demanda son opinion sur la ligne haricot de Dior, on sait qu'elle répondit : "Je ne suis pas faite comme un garçon, je ne veux pas m'habiller comme un garçon". Auparavant, interrogée sur la mode en général, elle avait dit : "Pour moi une robe ne doit pas travestir le corps d'une femme et le truquer, mais le révéler". Provocation impudente ! estiments encore les femmes. A Hollywood, entre elles, nombre de vedettes féminines ne parlent jamais que de "cette stupide Marilyn Monroe !". C'est l'expression d'un ressentiment d'ordre tout à fait personnel car Marilyn est exactement à l'opposé d'une femme stupide.

     

     

    Avec les parents d'Arthur Miller

     

     

    Maison de Marilyn.

     

    En 1960 Marilyn tourne Le Milliardaire (début 1960) et elle a une liaison avec Yves Montand. Marilyn voit son nouveau psychiatre, le Dr Ralph Greenson, quasi tous les jours: il exerce une influence marquée sur sa patiente. Au début de l'année, elle rencontre John F. Kennedy qu'elle connaissait déjà depuis 1954 ou 55. Les Désaxés (juillet) qui a été écrit pour elle par Arthur Miller. Elle vit une nouvelle surdose et un nouveau séjour à l'hôpital. La séparation avec Miller est constatée.

     

     

     

    Peu de femmes ont eu autant d'esprit qu'elle (un esprit typiquement féminin), peu aussi ont eu autant d'intelligence (elle conduisait sa carrière avec une lucidité remarquable). Sa meilleure amie, Natasha Lytess, son professeur d'art dramatique, une femme remarquablement intelligente, a dit que si une femme médiocrement belle avait l'esprit de Marilyn, tout le monde s'extasierait sur sa finesse, sa vivacité d'esprit et son intelligence. "Le malheur pour elle, a-t-elle ajouté, c'est qu'elle est trop fémininement et trop agressivement belle. On feint de croire qu'une femme si belle ne peut être intelligente". C'est cette hostilité des femmes qui fit que Marilyn a pratiquement toujours vécu en solitaire. A Hollywood, comme partout ailleurs aux Etats-Unis, ce sont les femmes qui dirigent et elles ont créé autour de Marilyn une sorte de rideau de fer ; elles la maintenaient en quarantaine autant qu'lles pouvaient et on en arriva à une situation paradoxale : la femme la plus désirée du monde, la plus aimée, est une solitaire, sans amis. Quand elle se trouve quelque part, lors d'une réception, il est amusant de voir les divers mouvements stratégiques dont elle est l'objet. D'une part, nombre d'hommes n'osent lui adresser la parole alors que tel serait pourtant leur plus cher désir.

     

     

     

    Ceux qui oseraient s'entretenir avec elle sont chambrés par les femmes présentes ; elles forment véritablement un mur autour de Marilyn, pour accrocher tous les hommes qui s'approchent et les entraîner dans d'interminables conversations. Qquant à elle, qu'est-ce que cette femme qui est femme entre toutes ? Elle est directe, simple et naturelle. Sa vie amoureuse est révélatrice de sa personnalité. Ce que les femmes lui pardonnent le moins, c'est d'aimer les hommes et surtout de l'avoir avoué ; ce qui les fait différentes de Marilyn c'est qu'elles ressentent le même sentiment, mais ne le disent pas. Ce sentiment est parfaitement normal et naturel pour les femmes, mais le "monroeisme" réside dans le fait de le dire. Il n'y a guère qu'un homme dont Marilyn eut peur ; Ce fut Robert Mitchum, quand ils tournèrent ensemble "La rivière sans retour" au Canada. On le lui avait décrit comme un Don Juan tellement direct et brutal qu'elle était saisie d'une véritable panique lorsqu'elle se trouva seule avec lui. Elle succomba ainsi elle-même au mythe Monroe selon lequel aucun homme ne pouvait ne pas être ému par elle.

     

     

    Marilyn Monroe - Anniversaire John Kennedy Marilyn Monroe - Anniversaire John Kennedy

     

    Anniversaire de John Fitzegerald Kenndy.

     

    Le divorce avec Arthur Miller est prononcé en janvier 1961. Elle se fait interner dans un hôpital mais passe par erreur quelques jours dans la section psychiatrique, où DiMaggio doit venir la délivrer. Elle et DiMaggio continuent à passer beaucoup de temps ensemble. Elle fait la connaissance de Robert Kennedy. Elle subit par ailleurs sa sixième opération d'ordre gynécologique (sur plusieurs années) due à des complications diverses. Marilyn rencontre sa demi-sœur, voit beaucoup Frank Sinatra, a ses premières discussions pour son prochain film, et passe le nouvel an avec DiMaggio.

     

     

     

     

     

     

    Sources :http://www.thinesclaude.com/marilyn--arthur-miller-et-lhistoire-dun-coeur-brise-.php

     
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  • Le divorce, la Corée, le Japon, la gloire...!

     

    En 1954 c'est l'époque aussi des premiers somnifères. Elle travaille avec Ben Hecht sur son autobiographie dont elle recevra le premier jet en avril (mais le livre ne paraîtra qu'en 1974 pour la première fois, et très modifié). La Joyeuse Parade (mai 1954) pendant lequel elle a ses premières absences pour maladie. Elle confie à sa coach et amie Natasha Lytess que DiMaggio la bat. Elle enregistre des chansons pour la diffusion sur vinyles par la RCA. 1954 marquera aussi la rencontre avec la famille Strasberg: Lee, le professeur de La Méthode, Paula, sa femme qui deviendra aussi un coach pour Marilyn, et Susan qui joue avec elle dans ce film-ci. Sept Ans de réflexion (août 1954).

     

    Déjà, lors de la lune de miel avec Joe Di Maggio et le voyage en Corée en février 1954, le drame commença. Tant qu'ils n'avaient été que fiancés, ils ne vivaient pas continuellement ensemble et Joe Di Maggio n'avait pas, si l'on ose dire, l'instinct du propriétaire. Il admettait de partager Marilyn avec le public. Cela lui fut plus difficile lorsqu'elle fut sa femme. Quand ils arrivèrent au Japon et en Corée, il y eut des multitudes d'hommes délirants qui acclamèrent leur Marilyn : Joe resta au second plan comme il avait coutume de le faire. Certains affirmèrent qu'il était plein d'amertume parce que tout le succès allait à sa femme et qu'il était, lui, presque oublié. C'est mal le connaître. Il n'a pas cette vanité absurde. S'il fut parfois sombre durant ce voyage c'est parce qu'il sentait confusément que Marilyn lui échappait et lui échapperait. C'est que personne ne se fait une idée exacte de l'hystérie que déchaîna ce voyage au Japon et en Corée. Il fut un test indiscutable de la popularité de la vedette parmi les hommes - parmi les G.I's qui représentent la moyenne des hommes de tous les Etats américains. Le front explosa littéralement.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Naturellement, le front de Corée était calme quand elle arriva. Les hostilités étaient terminées depuis longtemps dans ce pays et les soldats américains se bornaient à monter la garde sur leurs positions pour éviter toute surprise. Dès que Marilyn arriva, les Nord-Coréens et les chinois - qui veillaient de l'autre côté - durent croire à des préparatifs offensifs de la part des américains tant le front "bougea" ce jour-là. L'arrivée de Marilyn c'était une autre guerre du Viet-Nam qui commencait...!! La vedette donna trois représentations pour commencer ; elle réunit 30.000 soldats de toutes armes et ils lui firent un accueil comme jamais aucun président des Etats-Unis ou aucun général victorieux n'en reçut de la part de ses troupes. Ce fut un véritable délire...! Elle chanta, mais ce n'était pas pour l'entendre chanter que ces milliers de soldats étaient venus de tous les coins du front ; c'était pour la voir, rien que pour la voir, rien que pour se rendre compte que le mythe Monroe existait réellement et était une femme.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Elle avait bien fait les choses en leur honneur ; elle portait une robe pourpre dont le décolleté découvrait entièrement ses magnifiques épaules. La première phrase qu'elle lança aux G.I's en montant sur scène en plein air fut un parfait "Monroeisme" : "Jamais, dit-elle, je n'ai vu autant d'hommes dans ma vie..." Et elle ajouta, après un silence : "....d'un seul coup !". Cela déchaîna des hurlements d'enthousiasme ; les G.I's découvraient Marilyn telle qu'ils la rêvaient et l'imaginaient ; elle ne les décevait pas, alors que cela se produit si souvent quand le public voit, en chair et en os, ses idoles de l'écran.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un statisticien de l'armée établit que Marilyn avait battu, en chaleur de l'accueil de la part des G.I.'s le célèbre cardinal Spellman, de deux à un. Un soldat soupira extasié : "J'espère qu'elle finira par quitter Joe Di Maggio". Dans un mess d'officiers où elle fut reçue, on avait enlevé du mur une gigantesque reproduction de son calendrier, où elle apparaissait dans toute nudité. "Nous pensions", dit par la suite un officier, "que cette photo pourrait embarasser Marilyn". Ailleurs, partout où elle passa, on avait également enlevé tous ces calendriers, par délicatesse. Mais dès qu'elle fut partie, ils reprirent leur place au mur. Un journaliste nota que, dans tous les bâtiments militaires qu'il visita, ce calendrier se trouvait à la place d'honneur.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Marilyn fit tous ses déplacements en Corée, entre les divers secteurs, dans un hélicoptère de l'armée. Lorsqu'il apparaissait à l'horizon, il était attendu avec plus de curiosité que s'il s'était agi d'une authentique soucoupe volante transportant toute une cargaison de martiens...!! On calcula qu'en deux jours, la blonde vedette se produisit devant plus de 50.000 hommes et ils n'étaient pas seulement des américains. Elle reçut le même accueil délirant de la part des français, des turcs, des belges, des grecs...etc etc...Après son départ, un inspecteur de l'Armée constata : "La puissance combative de nos divisions vient d'être multipliée par deux", tant il est vrai que, la plus haute antiquité, la femme reste l'élément le plus capable d'agir sur le guerrier. Un général américain a remarqué devant ces manifestations d'hystérie collective : "S'il prenait à cette fille extraordinaire l'idée de les envoyer conquérir la Chine, ils y réussiraient à condition d'avoir sa photo dans leur sac...!".

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Jamais la Military Police n'eut autant à faire que ces jours-là. Lorsque, connaissant son public et le pouvoir qu'elle pouvait exercer sur lui, Marilyn se mettait à marcher sur la scène, de la démarche souple et provocante qu'elle avait inventée, les policiers militaires devaient faire la chaîne pour empêcher les soldats de monter à l'assaut. Ils furent même débordés à un certain moment et il fallut que le colonel commandant le secteur intervint en personne et fit interrompre pour quelques instants la représentation. Quelques instants de grande solitude...! Pratiquement tous les spectateurs étaient armés d'appareils photos et tous fixèrent pour leur album cet instant mémorable.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Au Japon, elle reçut le même accueil de la part des soldats américains - et aussi des japonais. Un porte-parole de l'état-major de Tokyo lança aux reporters à la manière d'une plaisanterie : "Si jamais une guerre éclate nous savons désormais ce qu'il faut faire pour rendre l'armée américaine invincible". N'était-ce qu'une boutade ? De retour aux USA, Marilyn fut une parfaite épouse auprès de l'homme qu'elle aimait sincèrement et profondément. Mais elle était prisonnière de sa gloire. C'est d'abord pour elle que le drame existait. Elle a toujours été extraordinairement consciencieuse. Comme elle tournait sans arrêt en raison de son succès, elle passait toutes ses journées au studio, de 7 heures du matin à 8 heures du soir. Parfois, Joe Di Maggio venait l'y rejoindre, mais il n'aimait pas ce milieu truffé de journalistes et de reporters.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le soir, quand elle rentrait, elle était fatiguée. Elle ne manquait aucune de ses obligations professionnelles : photos publicitaires, interviews, interventions à la radio et apparitions à la télévision, présence à des premières ou à des réceptions. Parfois, il aurait aimé garder sa femme pour lui. Elle aurait voulu, elle aussi, rester auprès de lui, mais elle ne pouvait se permettre ces infidélités à sa carrière. Il aurait aimé aussi qu'elle se dévêtit de manière moins agressive dans ses films, maintenant qu'ils étaient mariés. Elle s'y refusa parce qu'en instinctive artiste, elle sentait qu'elle devait être fidèle à l'idée que le public se faisait de son personnage. Peu à peu, il apparut qu'elle devait choisir entre les deux mondes auxquels elle appartenait entièrement : Joe Di Maggio ou le public. La mort dans l'âme et désespérée, quand il ne fut plus possible d'éviter le choix, elle choisit le public. Une fois de plus, comme lors de son premier mariage et, cette fois, malgré un amour sincère, Marilyn prit le pas sur Norma Jean Baker ; la vedette domina la femme ; elle préféra quitter Joe Di Maggio, qu'elle aimait, plutôt que d'être infidèle aux millions d'hommes qui rêvaient d'elle de par le monde.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ils ont sombré au premier gros coup de grain ; Joe parce qu'il l'aimait trop ; Marilyn parce qu'elle avait connu la misère et que, par-dessus tout, par haine de cette misère, elle voulait rester la grande vedette qu'elle était devenue. D'autres grandes artistes vécurent déjà auparavant ce terrible drame personnel et ce terrible drame à deux. Elles perdaient leur amour ; elles étaient désespérées mais avant de monter sur scène, elles faisaient un effort surhumain et elles apparaissaient au public en souriant. Ce destin est celui de Marilyn. Ce drame démontre combien les plus grandes vedettes, les vedettes les plus enviées sont des esclaves - esclaves de leur gloire, esclaves de leur public. Même les joies les plus simples données aux gens les plus humbles ne leur sont pas permises : le bonheur à deux, l'amour. Marilyn, finalement, ne pouvait plus échapper au dilemne : ou divorcer ou renoncer à sa carrière. Elle ne voulait ni l'un ni l'autre, mais elle ne pouvait échapper au choix. Parce qu'elle était une prodigieuse "bête à spectacle" elle a choisi le divorce. Elle n'aurait d'ailleurs pu faire autrement. Pour une vedette comme elle, renoncer à son personnage équivalait à se suicider. Elle était prisonnière à jamais de son brillant destin d'étoile.

     

     

     

    En janvier 1955, la société Marilyn Monroe Productions est fondée avec Milton Greene, un photographe de ses amis. Cours à l'Actors' Studio de Lee Strasberg. En mai, elle re-rencontre Arthur Miller. Au 31 décembre, elle signe un nouveau contrat avec la Fox qui lui donne enfin plus de pouvoir: 100 000 dollars par film ainsi que 500 dollars par semaine pour frais divers, regard sur le scénario, le metteur en scène et le chef de la photographie; elle peut jouer dans un nombre égal de films auprès de la concurrence qu'avec la Fox.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    SOURCES : http://www.thinesclaude.com/marilyn--le-divorce-la-coree-arthur-miller.php

     
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    Certificat de mariage avec Joe Di Maggio.

     

     

     

    Joe di Maggio, le seul homme qui a aimé Marilyn.

     

    Paradoxalement, si elle aima follement un homme qui ne l'aimait pas, il lui arriva peu après d'être aimée aussi totalement par un homme qu'elle n'aimait pas. Cet homme qui l'adora, qui l'idolâtra, cet homme pour qui elle fut une véritable déesse, s'appelait Johnny Hyde. Il était un des plus célèbres "agents de vedettes" de Hollywood.

      

    Ce fut lui qui fit fabriqua réellement Marilyn Monroe. Ce fut lui qui fit d'elle la plus grande vedette féminine du cinéma américain. Et s'il fit d'elle cette déesse, c'est parce qu'elle était pour lui une déesse, sa raison de vivre, parce qu'il l'aimait...tout simplement...! Il voulait avec passion que le monde entier partageât l'admiration quasi religieuse qu'il éprouvait pour elle...!

      

    Comme il était un véritable génie de la publicité, il suscita autour d'elle de telles campagnes, il fit d'elle un tel centre d'intérêt que, bientôt, chaque jour, dans tous les journaux américains, il ne fut plus question que d'elle. Il rêvait de l'épouser mais elle ne l'aimait pas. Ou plutôt, elle l'aimait mais pas d'amour. Il était pour elle le plus cher camarade ; il était l'homme en qui elle avait une entière et totale confiance ; elle exécutait, sans jamais la moindre protestation, tout ce qu'il lui demandait de faire. Quand il mourut d'une crise cardiaque, elle éprouva une des plus grandes douleurs de sa vie - plus grande peut-être que si elle l'avait aimé d'amour.

     

     

    Avec Johnny Hyde.

     

     

    Jamais elle ne sortait avec un des multiples jeunes premiers de Hollywood. Elle ne fréquentait que Johnny Hyde. Parfois, elle sortait avec un producteur, un metteur en scène, un journaliste, mais ce n'était jamais que sur le plan professionnel. C'est alors qu'elle fit la connaissance de Joe Di Maggio, en juin 1952. Elle tournait "Monkey Business" avec Cary Grant et Ginger Rogers aux studios 20th Century Fox.

      

    Un de ses camarades, David March, lui proposa de dîner un soir avec Joe Di Maggio, le célèbre champion de baseball, qu'il connaissait et qui était de passage à Hollywood. Elle était très excitée à l'idée de rendontrer cet homme célèbre.

      

    Il faut se rendre compte de ce que représente le baseball aux Etats-Unis.

     

     

     

     

     

    C'est le sport national par excellence. Ses vedettes sont au moins aussi célèbres que les plus grandes vedettes du cinéma. Champion de la célèbre équipe des "Yankees" de New York, Joe Di Maggio était connu de tous les enfants du peuple pour lesquels il représentait presque un dieu.

      

    Dès qu'il apparaissait sur le stade, une formidable ovation le saluait ; il recevait un énorme courrier d'admirateurs ; lorsqu'on le reconnaissait en ville, il était véritablement assailli par une nuée de chasseurs d'autographes. Pour Marilyn aussi, il représentait une sorte de mythe merveilleux.

     

     

     

     

     

     

    En vraie fille du peuple, elle était passionnée de baseball : son rêve était de voir jouer ce fameux Joe Di Maggio dont tous les journaux parlaient sans cesse et voilà que, sans avertissement, David March lui avait proposé simplement : "Tu veux que nous dînions avec Joe ce soir ?".

      

    Durant tout le repas, elle le dévora des eyux ; elle buvait toutes ses paroles ; il lui semblait merveilleux ; pour elle qui, pourtant à l'époque, devenait déjà une grande vedette. Elle lui plut aussi dès le premier soir. Comme tout autre homme, il succombait à son irrésistible féminité.

     

     

     

    Ils se revirent très souvent, mais rarement en public. Joe Di Maggio était un homme timide et il avait horreur de la foule. Il estimait que sa vie privée avec Marilyn n'appartenait qu'à lui. C'est pourquoi avec Marilyn il ne se montra jamais dans les night-clubs de Hollywood qui sont l'obligatoire circuit des grandes vedettes qui veulent s'exhiber : le Mocambo, le Ciro's, etc....

      

    Ils passaient toutes les soirées où ils étaient ensemble dans le petit appartemant de Marilyn ; c'était elle qui faisait la cuisine, Joe confiait en riant à ses amis qu'elle n'était pas très bonne cuicinière mais qu'elle était tellement adorable que même les plats les moins réussis paraissaient délicieux en sa présence. Parfois, ils recevaient dans ce même appartement un ou deux rares amis. Jane Russel fut souvent des leurs à l'époque et les aida même à décorer l'appartement.

     

     

    Avec Jane Russel.

     

     

     

    Marilyn et Joe Di Maggio.

     

    Jamais les photographes ne parvenaient à avoir ensemble une photo de ces deux grandes vedettes dont la mystérieuse idylle éveillait tant de curiosité. Ce fut le studio de la 20th Century Fox qui réussit enfin à abtenir par un subterfuge une photo. Ils demandèrent à Joe Di Maggio de poser pour une photo avec marilyn et Cary Grant.

      

    Comme Cary Grant s'y trouvait aussi, le timide champion de baseball ne pouvait refuser. Mais, une fois la photo faite, on coupa Cary Grant et on envoya à travers le monde la photo montrant le célèbre couple d'amoureux secrets. Leurs longues fiançailles (un an et demi) furent ainsi un beau roman d'amour. Naturellement, ils ne purent garder indéfiniment le secret. Comme Joe Di Maggio habitait New York et Marilyn Hollywood, ils devaient sans cesse traverser les USA pour se retrouver.

      

    Ces continuels déplacements des célèbres vedettes ne pouvaient passer inaperçus. D'ailleurs malgré elle, parce que tel était son caractère, Marilyn ne pouvait être aussi discrète que son fiancé. Un jour, la première fois qu'elle arriva à New York pour le retrouver, les reporters lui demandèrent ce qu'elle désirait d'abord voir de la ville. Elle répondit : "Joe Di Maggio".

      

    Lorsqu'elle tourna "La rivière sans retour" dans le Parc National au Canada, Joe prit l'avion et la rejoignit : partiellement parce qu'elle avait peur de Robert Mitchum et voulait placer son fiancé entre elle et lui et partiellement parce qu'ils ne pouvaient vivre longtemps l'un sans l'autre.

     

     

     

    A la sortie de l'église.

     

     

    Joe Di Maggio était certainement l'homme qui aima le plus Marilyn. Et ce, bien après sa mort.

     

    Ils projettaient de faire de longues randonnées dans les merveilleux paysages canadiens, mais le sort fut contre eux : c'est à ce moment là que Marilyn se brisa la cheville au cours des prises de vues. Néanmoins, chaque fois qu'ils le purent, ils disparurent pendant plusieurs jours ; lorsuqe le plan de travail du film le permettait, Joe emmenait Marilyn en voiture vers quelques mystérieux nids d'amour dont jamais personne, malgré les ruses de Sioux des photographes, ne parvint à découvrir le chemin. Il n'était pas jaloux de la gloire extraordinaire de sa fiancée.

      

    N'était-il pas lui-même une assez grande vedette pour se permettre de ne pas se sentir amoindri dans son ombre ? De plsu, c'était un homme simple, timide et discret.

      

    Chaque fois qu'il était surpris en compagnie de Marilyn, il s'effaçait au second plan, lui laissant tous les applaudissements et toutes les ovations. Lorsqu'ils se marièrent en janvier 1954, cela fit l'effet d'une bombe. Certains prédirent que la carrière de Marilyn allait en connaître une chute verticale, parce que trop d'hommes seraient déçus.

      

    D'autres se demandèrent si ce amriage allait durer ; ils prévoyaient le jour où ces deux grandes carrières finiraient inévitablement par se heurter. On parla également d'un mariage publicitaire. Cependant ce fut un mariage d'amour. Et ce fut une union heureuse ! Parce qu'il y a deux Marilyn : l'une qui appartient au public ; l'autre qui appartenait à Joe Di Maggio...

     

     

    Lors de leur mariage.

     

     

     

     

      

    La première est ce prodigieux phénomène de féminité, aux lèvres prometteusement entrouvertes et à la démarche féline. Elle possédait un sens inné du spectacle. C'est en quoi elle fut une authentique et remarquable artiste, n'en déplaise à tant d'esprits chagrins.

      

    La seconde était simplement l'épouse de Joe Di Maggio.

      

    C'était une jeune femme aux goûts simples, désireuse avant tout de bonheur, de respectabilité, de sécurité, de tranquilité.

      

    Lorsqu'elle n'était plus en public et qu'il ne s'agissait plus de sa carrière, elle était l'épouse la plus bourgeoise que l'on pût trouver. Elle faisait preuve, dans la vie réelle, d'une modestie vraiment admirable. Son prodigieux succès ne lui est jamais monté à la tête. Joe Di Maggio était aussi un homme simple. Ils étaient faits pour s'entendre.

      

    Il haïssait les réceptions : elle aussi, mais elle savait que sa carrière exigeait d'elle qu'elle se montrât et sous le jour "Monroe". Comme elle possédait une conscience professionnelle dont on a peu d'exemples, jamais elle n'eut un accès de mauvaise humeur ; elle se rendit vêtue de robes fort déshabillées, à toutes les grandes premières, aux réceptions qu'elle ne pouvait éviter.

     

     

    Lors d'un banquet.

     

     

    Les journaux à scandales toujours à l'affut.

    Un amour unique. Marilyn et Joe.

      

      

    Souvent même Joe Di Maggio ne l'y accompagnait pas, tant il avait horreur de s'habiller et de rencontrer des gens. Il venait la prendre, une fois la réception terminée. On peut se demander pourquoi un mariage qui contenait tant de chances de durer, finit si brutalement. S'il s'était agi d'un coup de tête comme il arrive si souvent dans le monde du cinéma, on comprendrait. S'il s'était agi d'une union, publicitaire, on aurait compris aussi. Mais c'était un vrai mariage d'amour.

      

      

     

      

      

    Ces 5 photos assez rares, ont été prises che Milton Greene en 1954,

    chez qui Marilyn avait passé quelques temps dans son pavillon du Connecticut.

     

     

     

      

      

    Ici, avec Milton Greene.

    En fait, c'est un drame fort simple : Marilyn était déchirée entre les deux personnages également présents en elle : les deux Marilyn décrites ci-dessus, la vedette et l'épouse. C'est cette dualité qui a mis fin au mariage. En annonçant la rupture, Marilyn pleurait. C'étaient de vraies larmes ; elle était désespérée parce qu'elle perdait l'homme qu'elle aimait ; il n'entrait là-dedans nulle part de comédie ni de cabotinage. D'ailleurs ce n'est pas seulement sur son grand amour perdu qu'elle pleurait, mais sur elle-même, sur son tragique destin d'artiste.

      

    En octobre 1954 le mariage est romput. Il n'aura duré que 9 mois, de janvier à octobre....

     

     

     

    June Di Maggio (à gauche) la nièce de Joe. Auteur du livre ci-dessous. Elle y révèle que, juste avant la mort de Marilyn, celle-ci était au téléphone avec son ex-mari qui lui annonçait l'arrivée de son assassin.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    SOURCES : http://www.thinesclaude.com/marilyn-et-les-amours-perdus.php

      
      
      
      
      
      
      
      
      
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  • L'Orphelinat, le viol, le premier mariage...

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    Norma Jean Baker

    Certificat de naissance de Norma Jean.

     

     

    Hôpital où est née Marilyn.

     

    Le 1° juin 1926 une étoile est née...et elle ne s'éteindra jamais. Aux yeux de tous, elle est celle qui brille le plus dans notre ciel assombrit parmis les chaos de notre planète. Gladys Pearl Monroe (née le 27 mai 1902 à Porfirio Diaz, Mexique et décédée en 1984) met au monde à l'hôpital de Los Angelès, une jolie petite fille qu'elle prénomme Norma Jean. Sur le certificat de naissance apparaissent les noms de sa mère, Gladys Pearl et du mari de celle-ci à l'époque, Edward Mortensen. Il est à noter que Monroe est le nom de jeune fille de la mère de Marilyn, que Gladys et Edward vivent déjà séparés au moment de sa naissance et qu'ils divorceront en août 1928. a déjà eu deux enfants, Hermitt Jack (1918-192? mort de la tuberculose) et Bernice (1919-), d'un premier mariage avec Jack Baker. Ravissante rousse, elle connaît autant de liaisons sentimentales sans lendemain que de problèmes psychologiques et de santé. Martin Edward Mortenson, ou Mortensen : second mari de Gladys (mariage le 11 octobre 1924), un boulanger né en Norvège en 1897 où il a abandonné femme et (trois) enfants pour se rendre aux États-Unis.

     

     

    Della et Gladys bébé.

     

    Rapidement il quitta aussi Gladys et se tua dans un accident de moto le 18 juin 1929 en Ohio. Mais cela n'est pas aussi simple que cela : selon la littérature, un autre Martin Edward Mortenson est décédé en Californie en 1981, lequel clamait être le père de Norma Jean et possédait une copie de son certificat de naissance. Sur le certificat de naissance de Marilyn, le nom du père mentionné est Edward Mortenson, ainsi que sur le certificat de mariage avec DiMaggio. C. Stanley Gifford : il a été l'amant de Gladys entre 1925 et 1926 alors qu'ils étaient collègues de travail. Leur liaison s'est terminée lorsque Gladys lui a annoncé être enceinte. Marilyn pensait qu'il était son père et a essayé d'entrer en contact avec lui à plusieurs reprises, sans succès ; plus tard, c'est lui qui lui a écrit et téléphoné à quelques années d'intervalle, sans succès également : elle aurait commenté qu'"il était trop tard".

     

    Sur une très longue période, elle ne pourra pas s'occuper de sa fille qui sera confiée, entre autres, à des familles d'accueil, ainsi que de ses deux autres enfants. La petite Norma Jean Mortensen ne devait devenir que bien plus tard Marilyn Monroe (du nom de son grand-père maternel. Ses grand-parends étaient Otis Elmer Monroe et Della Mae Hogan). Gladys est une femme seule qui, après avoir connu plusieurs échecs sentimentaux, perd le sens des responsabilités.

     

     

    Gladys.

     

     

    Gladys

     

     

    Gladys avec Norma Jean et Stanley Gifford

     

    Celui que l'on présume être le père de Norma Jean, C. Stanley Grifford, refuse cette paternité. Quelques années plus tard, à la suite d'une crise d'hystérie, Gladys devait entrer pour longtemps à l'hôpital. Devenue orpheline, la petite Norma Jean devint la pupille de la ville de Los Angelès. Elle alla d'orphelinat en orphelinat et de parents adoptifs en parents adoptifs. Les uns étaient bons pour elle ; d'autres l'étaient moins. Elle ne savait pas rire. Elle était craintive et timide comme tous les enfants malheureux privés de la sécurité et de la douceur d'un vrai foyer. Il en fut ainsi durant toute son enfance. Une obsession qui la poursuivit toujours. Il suffit de songer à ce qu'elle en a dit elle-même : "Quand j'étais enfant, je n'avais dans ma vie, ni baisers, ni caresses, ni amour, rien...". Ou bien encore : "Quand j'étais entourée de tous ces gens qui s'intêressaient à moi parce que j'étais une star, je songeais à la petite Norma Jean à laquelle personne ne s'intêressait jamais et je me sentais désespérée." Ou encore : "On s'étonne parfois que je reste si longtemps dans ma baignoire. Je m'y plais. C'est parce que je me souviens de la petite Norma Jean qui n'avait jamais pris de bain dans une eau où d'autres ne s'étaient déjà baignés avant elle !". Ou enfin : "Si je devais tout perdre et que je ne puisse conserver qu'une seule chose de ce que j'ai, je ne demanderais ni manteaux ni fourrure, ni bijoux, ni diamants, mais de pouvoir garder mon grand lit. Si vous ne comprenez pas cela, c'est que vous n'avez jamais connu une enfance où, pas une seule fois, on ne peut dormir seule dans un lit."  

     

     

    Norma Jean.

     

     

    Norma et Gladys.

     

    Sa mère exerçait le métier de monteuse dans un studio. A l'âge où les autres petites filles jouent avec des poupées, Norma Jean n'avait, pour se distraire, que des magazines de cinéma. Sa mère l'emmenait à toutes les grandes premières à Hollywood. Dehors, parmi les badauds, derrière les barrières, elle voyait passer les grandes stars avec leur luxe tapageur et elle en était éblouie. C'était tout un monde merveilleux qui éclatait soudain devant ses yeux d'enfant. Un monde dont elle ne se doutait pas qu'il serait un jour le sien plus que celui de n'importe qui et qu'il finirait par la tuer...! Elle est essentiellement une fille sans père et sans famille. Elle vécut toute sa plus (tendre) enfance, soit dans des orphelinats ou dans des familles d'accueil qui ne l'entourèrent d'aucune tendresse. Elle en garda un souvenir terrible et, dès qu'elle commença à gagner un peu d'argent - en faisant divers petits métiers, comme laver la vaisselle - elle fit des dons aux orphelins pour essayer de les aider à éviter ce qu'lle avait connu et subi.

     

     

    Norma Jean avec Lester Bolender le fils de sa première famille d'accueil.

     

    Mais il y eut quelque chose de plus terrible. Elle fut violée à l'âge de neuf ans par le pensionnaire des gens qui l'avait recueillie. Il l'attira un jour dans sa chambre et l'y enferma à clé, puis, il se saisit d'elle. Elle a raconté elle-même cette terrible expérience pour une enfant de son âge. Et le plus terrible, ce fut qu'après ces violences, elle ne trouva personne à qui se confier ; comme son bourreau était un homme honorable, ses "parents" adoptifs ne l'écoutèrent pas lorsqu'elle voulut parler de ce qu'elle avait subi et même un pasteur se refusa à prêter attention à son émouvante confession d'enfant. Ce viol la marqua toute sa vie. Lorsque, plus tard, elle ne sut pas avoir d'enfant, elle y vit une sorte de malédiction venant de cette vie misérable. Elle crut aussi que c'était à cause de cela que certains hommes dont elle tombait amoureuse ne l'aimaient pas en retour.  

     

     

    Norma Jean

     

    Ce fut notamment le cas lorsqu'elle tourna, tout à ses débuts "Ladies of the chorus". Elle s'éprit passionnément du chef du département musical du studio Columbia, Freddie Karger. Il était cultivé et nettement plus âgé qu'elle. Elle était folle de lui, sans doute parce qu'il représentait tout ce qu'elle n'avait jamais et et qu'elle chercha toujours désespérément : un père, quelqu'un sur qui elle pût compter. Il lui fit comprendre qu'il l'aimait bien, mais qu'il n'était pas amoureux d'elle. Elle fut convaincue que c'était parce qu'il avait appris ce qui lui était arrivé quand elle était petite fille. Et c'est cela surtout qui la marqua. C'est alors surtout qu'elle ressentit douloureusement le fait qu'elle n'avait pas de père pour la protéger ; ni de mère pour la consoler.

     

    Photo de classe de Norma Jean.

    Avec Berniece sa demie-soeur, la fille de Baker.

    Elle était vraiment seule au monde. Depuis son enfance et depuis ce viol, elle a été marquée d'un complexe que, tout au long de sa vie, elle a essayé d'effacer. Tout au long de sa vie, elle a cherché "un père", c'est-à-dire, cette protection naturelle et puissante qu'elle n'eut pas à l'âge où un enfant en a besoin. C'est un père, une protection, qu'elle chercha à l'âge de 16 ans en épousant Jim Dougherty ; un père encore qu'elle crut trouver dans son deuxième mariage avec Joe Di Maggio, à la carrure d'athlète ; une protection et une autorité enfin qu'elle quêta auprès d'Arthur Miller quand elle l'épousa. Ainsi tous ces mariages peuvent-ils s'expliquer par ce complexe d'une pauvre petite fille seule au monde et qui sentit toujours planer sur elle la menace d'un monde hostile sans rien pour la protéger.

     

    Norma avec Gladys et Della.

    Avec Berniece sa demie-soeur et Gladys.

    Norma Jean avec sa tante Ana.

    Réunion de famille.

    Le mariage avec Jim Dougherty.

    En 1935, la mère de Marilyn, Gladys Baker, fut internée pour "schizophrénie paranoide". C'est à la meilleure amie de Gladys, Grace McKee, qu'incombe la tutelle de Norma Jean. Vivant seule et sans appui, Grace aménera la petite Norma Jean en 1935 à l'orphelinat. En 1937, Grace se marie à "doc" Goddard et reprend Norma Jean chez elle de temps à autre.

     

     

     

    Grace Mc Kee et Doc Goddard

     

    Le vendredi 19 juin 1942, Norma Jean Baker épouse Jim Dougherty, de 5 ans son aîné. C'est Grace Goddard qui avait arrangé ce mariage parce que son mari et elle envisageaient de partir s'installer dans l'Est et ne voulaient pas emmener Norma Jean. Elle choisit Jim Dougherty, le fils du voisin, car il fréquentait alors Norma Jean depuis quelques-temps, mais celui-ci fut tout de même surpris d'apprendre qu'il allait l'épouser! Un jour, la mère de Jim lui dit "Tu devrais épouser Norma Jean..." , Jim lui rétorque qu'elle n'était qu'une enfant, et sa mère lui répondit "Mais ça pourrait lui éviter l'orphelinat!", alors Jim prit son temps pour réfléchir, et fit quelques sorties avec Norma Jean, il la trouva intéressante et accepta donc de l'épouser. Les parents adoptifs avaient fixé la date du mariage en juin pour que Norma Jean ait seize ans à ce moment là. Il n'y aura pas de voyage de noce car le lundi matin Jim doit réintégrer son lieu de travail.

     

     

     

    A l'automne 1943, il rentre à la marine marchande et militaire et passe désormais la plupart du temps outre-mer. Pour sa première affectation, Norma Jean le suivit à l'île de Catalina. Mais Jim demanda un poste plus "actif" et fut muté en Australie. Norma Jean alla vivre alors quelques temps chez ses beaux-parents, et occupa son temps en écrivant à Jim ou en rêvant dans les salles de cinéma.

     

     

    Certificat de mariage avec Jim Dougherty.

     

    Elle commenca à travailler dans une usine d'armement, et c'est durant son travail, en 1945, qu'elle fut repérée par David Conover, un photographe militaire chargé de photographier les femmes participant à l'effort de guerre. A cette époque, Norma Jean gagnait vingt dollars par semaine, elle était donc ravie de poser comme modèle en gagnant 5 dollars de l'heure. Encouragée aussi par le succés de sa première photo parue dans un journal, elle alla trouver l'agence de mannequin Blue Book et fut enregistrer dans les fichiers sous le nom "Norma Jean Dougherty". C'est le début de sa carrière de cover-girl. C'est ainsi que son mari Jim, se trouvant alors à l'autre bout du monde, va découvrir un jour sa femme en couverture d'un magazine masculin, et ses collègues de travail pensaient que Jim mentait quand il leur montrait les photos de sa femme dans les magazines!

     

     

     

    Dans son usine de construction de parachutes.

     

     

    Norma commence à faire la une des magazines.

     

    En 1946, elle passe ses premières prises de vues à l'essai avec Ben Lyon, aux studios de la 20th Century Fox; et signe son premier contrat en août 1946 mais Ben Lyon n'est pas satisfait de son nom "Norma Jean Dougherty" et lui propose le nom Miller, puis Norma Jean choisit le prénom Marilyn qui était celui de sa grand mère; ils finissent par se mettre d'accord pour le nom "Marilyn Monroe" à l'intonation plus mélodieuse. Mais pour mener sa carrière et tenter de devenir actrice, Marilyn sait qu'elle ne peut rester marier: après avoir longuement discuté avec Jim, qui n'approuvait pas la nouvelle vie de sa femme, il lui demande de choisir entre sa carrière et son mariage. Jim repartit à nouveau loin pour son travail, et c'est par courrier qu'il recevra la demande de divorce de Norma Jean. Le 13 septembre 1946, le divorce est prononcé et Jim prend tout les torts à sa charge.

     

     

    Ben Lyon

     

     

    Divorce d'avec Jim Dougherty.

     



    Petit retour en arrière. Jim fut mobilisé dans la marine. Norma Jean travailla dans un bureau de l'armée. Elle ne tarda pas à devenir le modèle favori des photographes militaires. De même, sur la plage de Catalina Island, les photographes se pressaient sans cesse autour d'elle pour prendre des clichés. C'est cela qui lui donna l'idée de devenir modèle. Elle suivit des cours dans ce but. Lorsque Jim l'apprit, lors d'une de ses permissions, il entra en colère. Ingénument, elle lui avait expliqué, non sans fierté : "Je pose en bikini : ils voudraient me faire poser nue, mais j'ai refusé." Peu à peu, elle rêva de faire du cinéma. Quand Jim trouva un script qu'elle potassait, il se fâcha et s'écria qu'il y avait à Hollywood des centaines de filles plus belles qu'elle qui ne parvenaient pas à décrocher un petit rôle. Pérenptoirement, il décréta : "Tu es stupide ! Jamais tu ne deviendras une vedette de cinéma !". Mais elle continuait à poser pour les photographes professionnels.

     

    En 1944, elle rencontre pour la première fois sa demi-sœur Bernice Baker dans le Tennessee (son demi-frère est décédé).

    La première photo quasi professionnelle de Norma Jeane est prise à l'automne 1944 par le photographe David Conover dans le cadre d'une campagne de l'armée américaine pour illustrer l'implication des femmes dans l'effort de guerre. Tout s'enchaîne ensuite assez rapidement puisque, en quelques mois, elle fait la couverture d'une trentaine de magazines de pin-ups et commence à se faire connaître comme la Mmmmm girl. Elle éclaircit la couleur de sa chevelure et abandonne son travail pour se consacrer à sa carrière de modèle, notamment auprès de l'agence Blue Book Model. En décembre 1945, elle tourne son premier film test pour son agence, afin de promouvoir des maillots de bain. Elle partira quelques jours dans le Nevada et l'état de Washington avec le photographe André de Dienes pour une session importante de photos.

    Elle devenait de plus en plus Marilyn. Elle rêvait de faire du cinéma. Elle était mordue par ce nouveau démon. Elle fut toujours la femme d'une seule idée, et, dès qu'elle veut quelque chose, elle ne veut que cela, mais avec passion. Elle décida de divorcer et elle envoya à Jim, qui se trouvait alors dans le Pacifique, tous les papiers du divorce à signer, sans lui donner d'autre explication. Dès sa première permission, elle lui téléphona en débarquant. "Hello John" dit-elle. "Je ne suis pas John mais Jim, ton mari" répliqua-t-il. "Hello Jim" reprit_elle d'une même voix, sans se laisser démonter. Et, quand ils se virent, elle lui expliqua qu'elle divorçait pour sa carrière, parce qu'on lui avait dit qu'elle devait divorcer si elle voulait jamais devenir actrice. Elle ajouta qu'elle serait néanmoins toujours heureuse d'avoir des rendez-vous avec lui. Ils divorcèrent immédiatement. La mariée était trop belle pour rester Madame Dougherty James....!

    Dès qu'elle s'aperçue que tant de photographes s'intêressaient à son anatomie, Marilyn avait décidé de devenir actrice et modèle. Elle s'inscrivit, en 1945 (elle avait alors 19 ans) dans une école de modèles de Los Angelès fort renommée. Lorsqu'elle s'y présenta, la directrice de l'école fut frappée par la ferme générosité de son buste. "Cette fille étonnante, a-t-elle dit, possédait une poitrine telle que n'importe quelle robe paraissait trop étroite. C'est la raison pour laquelle je me rendis compte qu'elle avait une chance dans ce métier".

    A l'époque on ne demandait pas des filles filiformes et anorexiques de devenir mannequin...! Au moins il y avait des formes à regarder...Tandis qu'aujourd'hui, les squelettes déambulent on ne sait pas trop comment sur la scène des grands couturiers...! Mais Marilyn avait des défauts, comme tout le monde, selon ceux qui la connurent bien à l'époque : spécialiste de la beauté ou photographes. Malgré ses prportions remarquables (1 mètre 67, 90 centimètres de tour de poitrine, 60 centimètres de tour de taille, 85 centimètres de tour de hanches) malgré ses yeux bleus et ses cheveux blonds elle avait les genoux trop gros, elle marchait mal et elle manifestait pour les toilettes une indifférence qui faisait le désespoir de ses professeurs.

    Elle entreprit de se perfectionner et elle apprit surtout à marcher. Au bout de quelques mois, elle avait inventé une démarche qui laissa tout le monde pantois et qu'elle a conservée, pour son succès ; c'est celle dont Groucho Marx a dit qu'elle lui faisait "sortir de la fumée par les oreilles"...! Comme elle était surtout remarquable par son tour de poitrine, elle posa essentiellement pour des photos en maillot de bain, de style "pin-up girl". Elle ne savait pas non plus sourire. Elle dût apprendre et, là encore, elle obtint rapidement des résultats étonnants. Au point qu'aujourd'hui encore, que ce soit aux USA, en France ou en Angleterre, les starlettes tentent d'imiter ce fameux sourire, bouche plus qu'à demi-ouverte. Elle le découvrit le soir où un talent-scout lui expliqua "ce qu'il faut, c'est un sourire qui semble promettre beaucoup. Vous me comprenez ?". On ne pouvait mieux comprendre...! Beaucoup d'eau avait passé sous les ponts depuis le temps où la petite Norma Jean compulsait fébrilement les manuels d'éducation sexuelle..!

     

     

    Quant à sa démarche, elle n'a pas craint d'avouer elle-même que ce qui faisait son originalité venait d'un défaut : sa tendance à marcher les genoux trop rapprochés, ce qui la contraignait à un déhanchement, qui est devenu une caractéristique de sa personne. Une caractéristique que tout le monde imite, encore aujourd'hui...! Mais il ne lui suffisait pas de commencer à se transformer. Il ne lui suffisait pas de changer son nom. Il fallait encore manger. Tant qu'elle avait été Madame Dougherty, son mari lui envoyait de l'argent. Mais, une fois divorcée, elle dut songer à gagner sa vie. Les séances de pose, trop rares et trop peu payées, ne suffisaient pas. Elle toruva un job : vendeuse dans un kiosque, mais son salaire était peu important. Souvent, elle ne mangeait qu'en rêve.

     

     

    Elle avait des difficultés inoues à payer son loyer. Ce que son mari lui avait prédit semblait se réaliser : elle groossissait la cohorte des belles filles qui meurent de faim sur les trottoirs de Hollywood. Un photographe lui offrit moyannant un gros cachet de poser aussi nue que le permettait la loi....un nu artistique. On n'hésite pas longtemps lorsuqe la faim vous travaille les entrailles et que le propriétaire vous met à la porte. Ainsi, elle a commencé sa carrière en posant nue (pour ce fameux calendrier qui se vendit à des millions d'exemplaires !) et elle l'a terminée en posant nue (pour la scène de "Something's got to give"). Elle a dit à propos du fait de poser nue : "Est-ce un pêché ? Qu'y-a-t-il de si terrible à poser pour une photo artistique ? Cette pose de moins d'une heure m'a assuré le gîte et le couvert pendant deux semaines."

     

     

     

     

     

    Quand elle eut quitté son premier mari et que, peu à peu, de modèle pour photographes, elle devint starlette, elle eut des camarades, mais pas d'amoureux au sens profond du terme. Néanmoins, sa beauté ne laissait aucun homme insensible autour d'elle et cela lui valut certaines mésaventures, significatives d'ailleurs de son véritable caractère et de sa personnalité. Un jour où elle avait reçu un chèque du studio 20th Century Fox - un chèque modeste - elle oublia d'en encaisser le montant et elle atteignit le week-end sans un sou.

     

     

    Quand elle s'en aperçut, les banques étaient fermées. Elle tenta en vain de monnayer son chèque dans divers magasins ou restaurants. Finalement, elle avisa un policier de Los Angeles et lui confia ses ennuis. Elle était au bord des larmes. Comme tout homme qui approchait Marilyn, il ressentit l'impérieux besoin de l'aider. Il l'emmena dans un magasin et là, usant de son crédit de policier, il obtint du commerçant qu'il donnat l'argent à la jeune fille en échange de son chèque.

     

     

     

    Elle dut simplement fournir son nom et son adresse. Quelques jours plus tard elle fut réveillée en pleine nuit par un bruit étrange à sa fenêtre. Elle poussa un cri et se leva. Il était temps, l'homme pénétrait dans la pièce. Elle n'était vêtue que d'une veste de pyjama qui lui descendait jusqu'à la taille, mais elle avait tellement peur qu'elle n'y prit garde. Elle sortit en courant et se retrouva ainsi dévêtue dans la rue. Elle frappa, affolée, à la porte de ses voisins : ce fut la femme qui ouvrit ; en la voyant presque nue, elle voulut refermer la porte, mais son marie écouta l'histoire de Marilyn. Il alerta la police. Deux détectives arrivèrent et conclurent à la tentative d'un voleur et, leur rapport terminé, voulurent regagner le commissariat. La jeune femme les supplia de rester dans la pièce voisine, sûre qu'elle était de mourir de peur si elle restait seule durant toute la nuit. Une heure passa, puis on frappa à la porte. Marilyn se leva, accompagnée des deux détectives. Elle ouvrit la porte et reconnut la silhouette de son visiteur inattendu. Elle dit aux policiers : "C'est lui..!". Mais l'homme ne se laissa pas démonter : "Hello Marilyn" s'écria-t-il, "nous nous connaissons bien !". Effectivement c'était le policier qui l'avait aidée...! Elle ne porta jamais plainte contre lui, estimant qu'il était père de famille d'un bébé de 14 mois, il ne dut pas être poursuivit. Telle était Marilyn..

     

     

    En 1946 et 1947 Norma Jean est remarquée par Howard Hughes qui veut l'engager dans sa société cinématographique, la RKO. Son agent pour le cinéma estime qu'une autre compagnie est plus importante: elle signe donc son premier contrat le 26 juillet 1946 avec la 20th Century Fox, qui sera non renouvelé après deux films. La Fox la renomme Marilyn Monroe, le prénom Marilyn provenant de l'actrice Marilyn Miller et le nom Monroe de sa grand-mère. Elle gagne 75 dollars par semaine pendant 6 mois. C'est à cette époque que son nom apparaît pour la première fois dans la chronique de la célèbre Hedda Hopper. En mars et en mai 1947, tournages respectifs de Scudda Hoo ! Scudda Hay ! et Dangerous Years. En 1947, elle monte sur scène (théâtre) et aurait vécu son premier avortement.

     

    A propos du calendrier en mai 1949, alors qu'elle boucle difficilement son budget, Marilyn pose nue pour un calendrier mural (connu sous le nom de calendrier « Golden dreams », rêves dorés, à savoir les célèbres photographies sur un fond de velours rouge) pour la somme de cinquante dollars. La poste américaine estima qu'il avait un caractère pornographique et en interdit la diffusion dans certains états. Une version retouchée est alors apparue avec des vêtements dessinés sur la photo originale.

     

     

     

     

     

     

     

     

    En 1952, alors qu'elle bénéficie déjà d'une notoriété certaine, cela est découvert par la presse et créée un petit scandale dont Marilyn se sort très bien en mettant en avant le besoin dans lequel elle se trouvait financièrement ; en décembre 1953, quelques-unes de ces photos apparaissent dans le premier numéro du magazine Playboy, Hugh Hefner, l'éditeur, ayant racheté les clichés.

     

     

     

    Il y a également eu longtemps la rumeur que Marilyn avait joué, pour de semblables raisons pécuniaires à celle du calendrier, dans de film érotique ou pornographiques, un blue movie intitulé Apple Knockers and the Coke Bottle (littéralement Nichons [en forme de] pommes et bouteille de coca) et des photos ont même été présentées dans des magazines érotiques dans le monde entier. En 1982, le magazine Playboy a infirmé cette croyance en précisant que l'actrice de ce film était une ancienne playmate de 1954, Arlene Hunter (aussi orthographiée Arline), une blonde qui ressemblait assez à Marilyn jeune, il est vrai.

     

     

     

     

     

     

    En 1948 et 1949 elle obtient un nouveau contrat à la Columbia et tourne dans Les reines du music-hall (tournage: juillet 1948) dans lequel des critiques remarquent ses qualités de chanteuse. Elle rencontre Johnny Hyde, son nouvel agent (à la William Morris Agency) qui va faire beaucoup pour sa carrière. Il occupe dans sa vie non seulement une figure paternelle dont elle avait besoin. Elle joue un tout petit rôle dans La Pêche au trésor des Marx Brothers (février 1949). Sous le nom de Mana Monroe, parce qu'elle a besoin d'argent, elle pose nue pour un calendrier pour le photographe Tom Kelly, photos qui vont faire le tour du monde quelques années plus tard lorsqu'elle sera devenue célèbre. Autre film marquant: Quand la ville dort (octobre 1949).

     

     

     

     

     

     

    En 1950 elle obtient un petit rôle dans ce film très important qu'est Ève (mai 1950). En septembre, Photoplay magazine fait paraître le premier article de fond sur elle: How a star is born? (Comment vient de naître une star?), faisant référence au célèbre A Star Is Born de William A. Wellman (1937). Elle sera à l'écran six fois lors de cette faste année.

     

     

     

    En janvier 1951, elle rencontre pour la première fois le dramaturge Arthur Miller. Le 29 mars 1951, elle présente le prix du meilleur son que reçoit Ève aux Oscars; cela sera sa seule apparition à cette remise de prix. En mai 1951, elle signe un contrat de sept ans avec la Fox à 500 dollars par semaine, avec possibilité d'augmentation. Puis s'ensuivent Nid d'amour (juin 1951), Chéri, divorçons (juillet 1951), Le démon s'éveille la nuit (automne). À fin 1951, elle reçoit plus de courrier que certaines stars établies de la Fox. Certains commentateurs de sa vie mentionnent une tentative de suicide en décembre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Elle a même fait au sujet du fameux calendrier, des révélations qui portent beaucoup plus loin : "Poser nue devant une caméra, cela me rappelait des rêves que je faisais souvent quand j'étais enfant. A l'église le dimanche, quand j'étais une enfant très mal habillée et que j'entendais chanter des hymnes, je ressenatis un terrible besoin d'enlever tous mes vêtements. J'aurais voulu être toute nue pour que tout le monde me voie. C'est peut-être parce que nue, j'aurais ressemblé à toutes les autres filles dont j'étais différenciée par mon uniforme de l'orphelinat. Et puis, à partir de 12 ans, mon corps devint très beau. Je l'aimais." Et cette étrange confession révèle sans doute la véritable raison pour laquelle Marilyn Monroe devint une reine du sex-appeal : "J'aimais mon corps..." Il faut bien avouer que nous aussi...! Marilyn Monroe était la femme la plus désirée du monde. Normalement, on aurait pu lui imaginer une vie sentimentale agitée ou tout au moins très active, puisque, de notoriété publique, tous les hommes qu'elle rencontrait, étaient prêts à lui faire l'hommage de leur amour. Pourtant, il n'en fut rien.

     

     

     

     

     

     

    Début 1952, filmage de Troublez-moi ce soir, son premier grand rôle, puis de Chérie, je me sens rajeunir (janvier-février) où elle sera pour la première fois en blonde platine, sa nouvelle image et marque de fabrique. Elle rencontre Joe DiMaggio, légende vivante du baseball, qui vient de prendre sa retraite. En mars éclate l'histoire du calendrier, dont elle se sortira très bien. Le 7 avril 1952 elle fait une première apparition à la une de Life magazine. Son salaire est augmenté mais n'atteint toujours pas le niveau des stars de la Fox. La presse révèle que sa mère a été patiente dans un hôpital psychiatrique alors que Marilyn avait raconté être orpheline. Pour Le démon s'éveille la nuit qui sort cette année, son nom est pour la première fois au-dessus du titre du film. Autres films marquants: Niagara (juin), puis Les hommes préfèrent les blondes (novembre) pour lequel elle est payée environ 15 000 dollars alors que Jane Russell reçoit dix fois plus. Après ce film, les deux actrices sont appelées à marquer de leurs mains et chaussures le trottoir en face du Grauman's Chinese Theater, près du célèbre Walk of Fame sur Hollywood Boulevard.

     

     

     

    En 1953 premières pilules pour maintenir sa ligne. Comment épouser un millionnaire (mars 1953). Elle touche maintenant 1 500 dollars par semaine alors que des stars n'ayant pas son aura auprès du public en sont à environ 5 000, voire 10 000. La Rivière sans retour (août 1953). Elle refuse de tourner dans un film auquel la Fox l'a attachée, Pink Tights, car elle doit y (re)jouer une bête et sexy blonde.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tout petit exemple des calendriers édités avec Marilyn Monroe.

     

     

     

    sources : http://www.thinesclaude.com/marilyn--les-premiers-pas.php

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  • Marilyn by Magnum Auteur: Agence Magnum Photos

    book_marilyn_by_magnum

      

      

    Date de sortie: avril 2012 Relié 160 pages Langue: anglais Éditeur: Prestel Verlag ISBN-10: 3791346652 ISBN-13: 978-3791346656 Prix éditeur: 24,60 Euros Ou le commander ? sur amazon.fr   

      

      

      

      

      

    Présentation de l'éditeur: On the 50th anniversary of Marilyn’s death, this beautiful book is an elegant pictorial celebration of the beloved star by the Magnum photographers who immortalized her. It’s been half a century since we lost Marilyn Monroe, but her presence in popular culture has never faded—due in part to the incredible abundance of photographs that were taken of her. Many of those pictures were taken by members of the Magnum photographic cooperative, and appear in this stunning collection that expresses every aspect of Marilyn’s multifaceted persona.

      

    Henri Cartier-Bresson, Elliott Erwitt, Eve Arnold, Inge Morath, Philippe Halsman, Bruce Davidson, Dennis Stock, Bob Henriques, Erich Hartmann, and others capture Marilyn on and off the set. The images range from glamorous portraits to candid scenes of delicate intimacy. Marilyn is pictured filming movies such as Some Like It Hot and Gentlemen Prefer Blondes; also included in the book are Elliot Erwitt’s renowned shots of Marilyn wrangling horses on the set of The Misfits, her last film.

      

    In richly toned black and white as well as lustrous color, these photographs reveal Marilyn’s uncanny ease in front of the camera. Whether acting or exercising, putting on makeup or gracefully posing, Marilyn was a photographer’s dream. This celebration of her life will be a treasured keepsake for her millions of fans. (source:randomhouse )

      

      

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  • Marilyn for ever
    Publié le 28/12/2011,
    en ligne
    sur parismatch.com

    pm_divine 

    Cinquante ans après sa mort en 1962, livres, films et albums vont ressusciter une actrice aussi intelligente que belle.
    Catherine Schwaab - Paris Match


      

      

    «Je dois toujours me battre pour qu’on me permette de faire ce que je veux sur un film ! Pourtant, je sais que j’ai raison ! » Comment faire ? Incarner les ravissantes idiotes et, en même temps, imposer sa pensée. « Pourtant je connais le cinéma mieux que n’importe qui, confiait Marilyn en 1959 à son cher amant danois, le scénariste Hans Jorgen Lembourn.

      

    Je sais exactement quels résultats suivront à l’écran, s’ils donneront l’effet attendu. Mais “ils” ne s’en aperçoivent qu’après la fin du tournage. Jusque-là, “ils” n’ont aucune confiance en ce que je veux. C’est pourquoi j’ai tant d’ennuis avec les producteurs, les réalisateurs et tous ceux qui ont leur mot à dire. »

      

    Les producteurs ! En ces années 40, il fallait coucher pour arriver. Gironde et sans inhibitions, la mignonne avait déjà posé nue. Joe Scheck, de la Fox, fut le premier à repérer cette pulpeuse starlette peroxydée dans un bar de Hollywood. Marilyn : « On essayait de dénicher un vieux type, un gros bonnet du show-biz… » Joe est un ours de 70 ans qui a réussi dans les drugstores, un chauve à cigare qui ne lui demande guère plus qu’un déshabillage et une écoute, ce qu’elle fait très bien. « Enfin…

      

    Quelquefois, il me demandait de m’étendre sur lui… J’avais l’impression que ça durait des heures. Il ne se passait rien du tout, mais je n’osais pas dire non. Il aurait été fâché. » C’est tout elle ! Gentille et pragmatique. Pleine d’espoir, elle revenait le voir dans sa somptueuse villa. « En plus, la nourriture était si bonne ! »

      

    Scheck finira par lui présenter Harry Cohn, chez Columbia. Un type grossier et puissant, qui consomme les aspirantes et n’en élit qu’une poignée. C’est ainsi que Marilyn décrochera un rôle dans « Ladies of the Chorus ». Elle y incarne la « typical success story » américaine : une ­danseuse-chanteuse rencontre un homme très riche, et l’amour triomphe de toutes les barrières sociales.

    «Elle se savait exceptionnellement douée pour créer des images»

    Au fond, c’est ce dont la midinette abandonnée par son père et sa mère a rêvé toute sa vie : s’unir à un homme qui l’élève au-dessus de sa condition, balaie ses peurs. Elle y est arrivée, sans pour autant trouver la sécurité intérieure.

      

    Il faut dire qu’elle avait beaucoup de traumas à liquider, entre la folie de sa grand-mère puis de sa mère – qu’il a fallu interner quand la petite avait 4 ou 5 ans – et un abus sexuel à 9 ans dans une famille d’accueil, sans parler d’un inextinguible besoin d’amour. La gamine, murée dans sa solitude et sa timidité, avait aussi quitté l’école à 15 ans pour travailler comme ouvrière chez Lockheed, à la confection des parachutes. De quoi se trimballer de sacrés manques.

      

    Mais elle a sa beauté. Enfin, beauté, pas exactement. ­Aujourd’hui, on la trouverait trop ronde, trop petite, un nez un peu fort… Mais aujourd’hui comme hier, n’importe quel ­photographe saurait capter son incroyable photogénie. Eve Arnold se souvient de ses shootings :

      

    « Elle se savait exceptionnellement douée pour créer des images, et elle adorait ça. Elle pouvait être une Marilyn différente avec chaque photographe. Elle imposait elle-même ses besoins, ses humeurs, son érotisme, travaillait rapidement. Quand ça marchait, les expressions se succédaient sur son visage, son corps ondoyait… »

    Ça marchait souvent mieux que sur les plateaux de cinéma où elle débarquait avec deux, trois, quatre heures de retard, compromettant la production ; elle peinait à mémoriser son texte, incapable de se concentrer. Mais, comme l’a dit Clark Gable, son « daddy », son partenaire dans « Les désaxés » : « Quand elle est là, elle l’est à 100 %, elle donne tout »...

      

    Et bluffe le plateau par son talent autant que par sa gentillesse attendrissante. Car on n’a jamais vu une blonde ressembler aussi peu à une blonde. Ni garce ni bêtasse. Juste libre. Si proche de ses émotions, si près des larmes, si vite blessée, si vite reconquise.

      

    Une sensibilité d’enfant dans un corps de bombe sexuelle. Avec, dans le sang, un sens érotique spontané, sans calcul. D’ailleurs, sa couturière, Lena Pepitone, qui l’a accompagnée durant les cinq dernières années de sa vie, a eu le choc du siècle quand elle est venue se présenter à elle : dans l’appartement new-­yorkais où elle habitait avec Arthur Miller, sur Sutton Place, Mme Monroe lui est apparue nue comme un ver ! Même pas voilée d’un déshabillé de soie qui aurait glissé en route dans un effluve de Chanel N° 5. Non, ce jour-là – et beaucoup d’autres plus tard –, Marilyn était en tenue habituelle, pas maquillée, pas douchée, cheveux en bataille qui nécessitaient un shampooing.

    Même à ses débuts, la tapageuse Madonna n’aurait pas osé. Lady Gaga ? Encore moins. Marilyn n’était ni une provocatrice ni un phénomène marketing. Sa nudité n’avait rien d’affecté.

      

    Pas plus que son aversion pour les sous-vêtements. Non, on n’est pas dans « Basic Instinct », et Marilyn n’est pas Sharon Stone. Simplement, les slips et les soutiens-gorge l’entravent et font des marques sous le fourreau moulant. Il faut rappeler que la lingerie de l’époque, c’est baleines, fibre épaisse et gros élastiques. Et confirmer une rumeur persistante : oui, Marilyn se teignait les poils du pubis. Avec deux brosses à dents, malin !

    Quant à vivre nue, n’exagérons rien : c’est lorsqu’elle reste à la maison entre deux films, deux cours à l’Actors Studio, deux rendez-vous avec son agent, ou deux consultations avec son psy qu’elle voit plusieurs fois par semaine. Quand elle dîne avec Arthur, madame porte une simple robe en éponge blanche. L’endroit n’a rien d’un appartement de tycoon. Moquette ivoire un peu tachée, meubles crème pas très nets, pas de bibelots. La résidence comporte un espace pour chacun.

      

    Monsieur a son bureau-bibliothèque à double isolation ; madame, une chambre à coucher pas du tout coquette, mais avec une paroi entièrement recouverte de miroirs. Lena Pepitone : « Elle s’y observait à la loupe des journées entières. » Ventre, fesses, seins… Ultra-gourmande, elle faisait du yoyo avec son poids, entre 50 et 70 kilos pour 1,66 mètre. Lena passait son temps à élargir les coutures de ses rutilantes robes du soir. « Elle se réveillait tard, vers midi, buvait des Bloody Mary avec ses œufs brouillés, ­demandait parfois des côtes d’agneau. Mais ce qu’elle préférait, c’étaient mes spaghettis à la tomate.

      

    Avec du champagne Piper-Heidsieck. » De quoi faire craquer ses légendaires pantalons et ses chemisiers de soie blanche, qu’elle nouait à la taille ou ne boutonnait qu’en bas. Aujourd’hui encore, avec des ballerines ou des talons aiguilles, on n’a rien trouvé de plus sexy.

    Lena Pepitone a vécu la déliquescence du couple, les crises de larmes et la terrible solitude de Marilyn. Elle se souvient de ses tentatives désespérées pour faire sortir Arthur Miller de sa tanière...Point final

     

      

    Retrouvez la suite de l'article et les images de la légende Marilyn dans le Paris Match n° 3267, en vente cette semaine dans tous les kiosques.

     

     

     

     

     

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  • Marilyn 1955

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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