). Je m’ennuyais. Je regardais les gens, l’orchestre, les collines, les étoiles dans le ciel, et surtout pas le chef d’orchestre qui devait donner le signal. Je l’ai, à force, complètement oublié et me suis retrouvée seule tache noire dans une croix blanche. Ma famille ne ma l’a jamais pardonné ».
,
) la suivait jusqu'à l'école et attendait qu'elle sorte.
) qui l’incitait à se ménager.
,
), arma son fusil et tua le chien.
) à Hollywood, près des Consolidated Film Industries.
, la ressemblance physique entre les deux hommes étant saisissante).
,
).
). La passion de Grace était amplifiée par l’admiration de millions d’américains, et à partir de ce moment là, Norma Jeane devait elle aussi répéter que « Jean Harlow était son actrice préférée ».
), où elle était inscrite sous le prénom de Norma Jean.
) et Jean Harlow.Gladys fit une grave crise nerveuse, obligeant les Atkinson à contacter Grace McKee, qui leur ordonna d'appeler rapidement une ambulance.
Elle fut conduite au Los Angeles General Hospital.
Pendant l'hospitalisation de Gladys, les Atkinson et Grace McKee s’occupèrent de Norma Jeane. Elle ne vit donc à nouveau sa mère que rarement, à l’occasion des rares week-ends où Gladys était autorisée à sortir.
FEVRIER
Gladys, sortie de l'hôpital, était toujours éteinte et dépressive.
Il n’y avait apparemment pas de signe de psychose dans son comportement : sa démission semblait plutôt résulter du regard qu’elle portait sur son passé (et peut-être de la culpabilité et du remords d’avoir négligé sa fille).
Bouleversée par la mort dramatique de son grand-père, elle s’était persuadée tenir la preuve de la présence dans sa lignée d’une tare dangereuse.
Elle prit alors la décision d’assumer son foyer.
Tout en continuant à travailler six jours par semaine, elle s’efforça de se rapprocher de sa fille, qui lui était devenue étrangère.
Il semblait que le futur et ses espoirs étaient entrés en collision brutale avec le passé, avec les terribles remords qu’elle éprouvait pour le mode de vie qu’elle s’était choisie et pour l’abandon de Norma Jeane.
Comme beaucoup de personnes à cette époque qui fêtaient la fin de la Prohibition, Gladys se laissait aller à boire au-delà de ses capacités. L’alcool ne pouvait qu’interférer dangereusement avec les médicaments qu’elle prenait.
L’état de Gladys devait nécessiter un traitement plus complexe que celui dont elle bénéficiait mais l’assistance psychologique était chose plutôt rare à Los Angeles à cette époque.
Elle fut emmenée, âgée d’à peine 32 ans, dans un asile de Santa Monica. Elle y resta plusieurs mois, sous sédatifs et complètement délaissée, puis elle fut transférée à nouveau au Los Angeles General Hospital.
Elle en sortait parfois le week-end. Privée de tout traitement psychiatrique digne de ce nom, Gladys s’abîma lentement dans un monde solitaire dont elle ne devait que rarement émerger.
Norma Jeane fut prise en charge par Grace McKee, la formidable et l’omniprésente Grace, qui n’avait jamais eu d’enfant.
Elle devint ainsi la troisième figure maternelle de Norma Jeane, qui n’avait alors que huit ans.
Norma Jeane passa presque toute cette année dans la maison d’Arbol Street, aux bons soins des Atkinson, et sous contrôle de Grace qui venait la voir pratiquement tous les jours.
Mais pour pouvoir payer les versements du prêt qui était au nom de Gladys, et sur conseil de Grace, les Atkinson vendirent quelques meubles pour faire face aux traites.
Encore une fois, Norma Jeane devait faire face à d’importants changements, à un bouleversement inattendu, à des comportements nouveaux auxquels il allait falloir se conformer. Ida Bolender considérait les vedettes de cinéma et leur univers comme un péché suprême. Gladys lui avait appris que les films étaient un plaisir bien innocent, car ils procuraient un salaire confortable.
L’engagement de Grace fut plus radical. Clara Bow et Jean Harlow (actrices de cette époque) ne devaient être ni condamnées ni simplement admirées ; elles devaient être imitées.
Pour une fillette de huit ans, toutes ces convictions contradictoires étaient difficiles à accepter, à prendre en compte.
Toute son enfance se trouva modelée par une succession de contradictions qui ne pouvaient que créer un sentiment de culpabilité. La petite personne de bon aloi qu’Ida avait façonnée s’efforçait de rester bonne et pure. L’enfant que Gladys venait voir se voulait agréable, voulait plaire à sa mère et la rassurer.
La fillette que Grace prit en main dû tout laisser de côté pour devenir une personne tout à fait nouvelle, une chimère écrite, habillée, produite et mise en scène par Grace McKee.
Jusqu’à cette année, Grace avait assouvi son instinct maternel sur ses deux petites nièces ; mais les fillettes avaient quitté Los Angeles. Et du chagrin du départ de Gladys avait émergé une chance soudaine et inespérée : désormais, Grace avait un enfant à élever, à construire, à former.
Pour forcer la main au destin, Grace fit à Norma Jeane une robe de vichy, lui boucla les cheveux et l’encouragea à imiter la moue de Mary Pickford.
On pourrait croire, au vu des sacrifices financiers consentis pour l’éducation de Norma Jeane, que les motifs conscients de Grace étaient dénués de cupidité. D’ailleurs elle laissait à l’enfant plus de liberté que celle-ci n’en avait jamais eu.
Mais la liberté, les plaisirs, les avantages qu’offrait Grace n’étaient pas sans contrepartie.
La femme à qui Norma Jeane devait plaire, à qui elle devait sa sécurité, son lit et son couvert, ne se contentait pas de travailler dans l’une des parties de « l’usine à rêves ».
Grace y voyait des êtres, réels ou fictifs, changer de nom et même d’essence. On les réinventait comme elle l’avait fait pour elle-même, au cours de ses jeunes années de bohème en perdant, ici ou là, avec légèreté et insouciance, un nom ou un mari.
Si un seul être devait avoir été préparé pour Hollywood, Norma Jeane était celui-là.
Elle voyait se modifier la couleur des cheveux de Grace, ainsi que la longueur de ses jupes.
Par son travail, Grace se rendait parfaitement compte de la manière dont l’apparence d’une femme pouvait être modifiée par le maquillage, l’éclairage, les filtres et même les ombres.
Comment aussi, avec un simple coup de ciseaux, pouvait disparaître une image peu flatteuse. A son banc de montage, elle était parfaitement placée pour savoir ce que les studios allaient lancer.
Ce qui « marchait », ce que le public attendait.
En vérité, par son travail, Grace aidait à parfaire l’illusion. Et, avec une grande assiduité et un sérieux assorti, Norma Jeane devint la dépositaire du savoir de Grace.
En prenant à charge l’éducation et la formation de Norma Jeane, Grace tenait enfin l’occasion de créer une fille que la nature lui avait refusée.
Cette année là, Grace travaillait aux laboratoires de la Columbia. Le samedi, les monteurs travaillaient quatre heures. Grace avait obtenu d’une amie que celle-ci fasse venir Norma Jeane au laboratoire, une heure avant la fermeture.
Grace fit alors cette démonstration de fierté maternelle :
« Tourne-toi Norma Jeane, et montre au gentil monsieur le gros nœud que ta robe a dans le dos. Maintenant, marche un peu par là et tourne toi.
C’est bien. Marche un peu de ce côté…Oh, voici Ella ! Norma Jeane, tu as rencontré Ella le mois dernier. Dis encore une fois à Ella…elle a certainement oublié, mais toi, sûrement pas ! Dis à Ella ce que tu deviendras quand tu seras grande. Dis : « Une star de cinéma », ma chérie ! Dis-lui que tu deviendras une star ! ».
Pour Grace il était clair que Norma Jeane serait une star ; et pour atteindre ce but, elle n'avait un seul modèle : Jean Harlow.
Pour Norma Jeane, l’année s’écoula tranquillement et banalement, entre l’école, les séances de cinéma en compagnie de Grace et les visites sporadiques de Gladys.
Cet été-là, Norma Jeane vit « Cleopatra » avec Claudette Colbert au cinéma.
Trois fois, toujours un dimanche, Gladys les accompagna à l’Ambassador Hotel où elles déjeunèrent.
C’était un événement exceptionnel, une fête. Calme, triste et renfermée, Gladys picorait dans son assiette en écoutant Grace papoter. Grace était très fière de la robe qu’elle avait achetée à Norma Jeane et des rubans roses qu’elle avait noués aux boucles de la fillette.
Ces sorties ne faisaient qu’accentuer le malaise de Gladys ; elle se ressentait alors, et plus que jamais, comme une mère incapable. Quant à Norma Jeane, elle regardait se transformer en étrangère une femme qu’elle avait à peine connue.
Pendant ces rendez-vous, Gladys était complètement déconnectée du monde réel, de la famille à laquelle les docteurs tenaient tant à la confronter. Sa visite à sa fille, à Arbol Street, avait été tout autant irréelle.
Les Atkinson désireux de repartir en, Angleterre, firent leurs valises.
Abattue par l’idée d’être responsable de Norma Jeane et par le sentiment de culpabilité d’avoir déçu ses médecins, sa fille et son amie Grace, Gladys retourna (avec une hâte qu’il est facile d’imaginer) dans la relative sérénité de l’hôpital.
Là-bas, au moins, dans le confort de la monotonie, ne pas courir après la gloire n’était pas considéré comme une maladie. Là-bas, elle n’avait aucun devoir et son rôle de mère était inexistant. Ainsi, elle pouvait ignorer les tourments de la culpabilité. La vraie réalité était ce qu’elle voyait, ce qu’elle entendait.
SEPTEMBRE
Norma Jeane retourna à la Selma Street School (
)
(3rd grade) (jusqu’en juin 1935).
AUTOMNE
La maison de Gladys à Arbol Street fut mise en vente.
Pour des raisons bien simples, Grace ne recueillit pas Norma Jeane chez elle. Elle avait en effet décidé de devenir la tutrice légale de la fillette, mais pour cela, l’Etat de Californie demandait la preuve de l’incapacité permanente des parents naturels. De plus, la future adoptée devait passer six mois dans un orphelinat de la région en attendant que la mise sous tutelle soit acceptée.
Grace remplit très vite la première des exigences ; elle obtint une déclaration des médecins de Gladys la déclarant incapable.
Norma Jeane fut dans un premier temps placée chez Enid et Sam Knebelkamp; Enid était la sœur de Grace McKee.
Ana Lower, la tante de Grace, s'occupa elle aussi de Norma Jeane.
DECEMBRE
Grace fit transférer Gladys au Norwalk State Hospital (là où était décédée Della Monroe, la propre mère de Gladys). En effet, l’état de Gladys étant stationnaire, le personnel de l’hôpital du Los Angeles General Hospital avait déclaré ne plus pouvoir la prendre en charge.
Le rapport du chef de service du Los Angeles General Hospital disait : « Sa maladie se caractérise à la fois par de constantes préoccupations religieuses et par une profonde dépression et une grande agitation. Il semblerait que la maladie ait atteint son stade chronique ».
La maison d’Arbol Street n’existant plus, il n’y avait aucune raison de reculer l’officialisation de la situation de Gladys.
De plus le Norwalk State Hospital avait une réputation bien meilleure que le Los Angeles General Hospital, dans la gestion des divers cas de maladie mentale. En dehors de l’apathie qui s’était emparée de Gladys et de sa perte de sensibilité, les médecins de l’hôpital général avaient été convaincus de la gravité de la maladie de Gladys par les déclarations de Grace.
Celle-ci avait raconté la naissance illégitime de Norma Jeane et les désormais traditionnels récits des maladies mentales qui avaient frappés la famille de Gladys, son grand-père Tilford Hogan et sa mère Della Mae Monroe.
Gladys y séjourna jusqu’en 1938, puis changea d’hôpital.
JANVIER :1935
Le mardi 15 janvier : Gladys, admise au Norwalk State Hospital, fut déclarée définitivement aliénée (schizophrénie paranoïde).
Grace McKee poursuivit les démarches nécessaires pour devenir la tutrice de Norma Jeane, sa représentante légale.
Elle apprit qu’en septembre une place se libèrerait à l’orphelinat de Los Angeles.
En attendant, elle s’arrangea pour que des voisins à elle, vivant à l’ouest de Los Angeles (non loin de Highland Avenue), les Giffen, accueillent Norma Jeane.
Harvey Giffen travaillait lui aussi dans l'industrie du cinéma. C'était une famille de classe moyenne, mais qui pouvait offrir une vie confortable et aimante à Norma Jeane.
Grace, prudente, s’était renseignée avant de fixer son choix sur les Giffen ; c’était une famille de trois enfants, qui accueillait d’autres enfants. Il n’y avait aucun risque qu’ils gardent Norma Jeane trop longtemps.
Norma Jeane resta deux mois chez les Giffen.
Ayant comme projet de repartir à la Nouvelle Orléans d’où ils étaient originaires, les Giffen proposèrent d'adopter Norma Jeane et de l'emmener avec eux. Mais Gladys refusa.
Parce qu’elle s’occupait de Norma Jeane avec détermination (elle envoyait chaque semaine un rapport aux autorités compétentes), Grace pû demander à la cour d’autoriser Norma Jeane à venir vivre avec elle, après son séjour chez les Giffen.
La cour enquêta sur les qualités de tutrice de Grace, et autorisa Norma Jeane à aller habiter chez la mère de Grace, Emma Willette Atchinson (Grace était née Atchinson mais elle avait gardé le nom de son deuxième mari John McKee), qui vivait dans un appartement donnant sur Lodi Place, à Hollywood.
Grace demanda à la cour de la désigner comme seule administratrice des biens de Gladys (
,
). Elle s’était rendue compte que les affaires financières de Gladys devaient être régularisées (pour éviter qu’un homme, se prétendant être le père de Norma Jeane, surgisse de nulle part et ne fasse main basse sur les biens).
Il fallait aussi éviter une éventuelle saisie de l’administration fiscale.
Elle savait que les ventes et les investissements, argent ou biens immobiliers, demandaient un œil vigilant. Elle, au moins, au nom de Norma Jeane, ferait fructifier cet argent qui servirait à l’éducation de l’enfant.
MARS
Le lundi 25 mars : Grace déclara sous serment être la candidate idéale pour être la tutrice de Norma Jeane, après le séjour obligatoire à l'orphelinat.
AVRIL
Bilan de la situation financière de Gladys 
- 6.75$ sur son compte en banque
- 210$ en chèques d’assurance non endossés (en cas de perte de travail pour raison de santé)
- un meuble de radio (valeur 25$ dont 15 encore dus au magasin)
- 350$ dus sur l’achat d’une Plymouth (une voiture dont Gladys s’était à peine servie)
- 225$ d’arriérés sur le piano blanc
- 5 000$ de la maison d’Arbol Drive.
PRINTEMPS
Grace rencontra Ervin Silliman Goddard ; les circonstances exactes de leur rencontre sont inconnues, mais une violente passion émergea entre eux.
Il était plus jeune que Grace de dix ans. Originaire du Texas, il était divorcé et père de trois enfants qu’il ne voyait guère.
Son charme, sa cordialité et ses rêves de gloire cinématographique alternaient avec des phases d’indolence qui l’emmenaient au bar le plus proche pour d’interminables entretiens avec les habitués.
Un tel homme ne pouvait qu’être séduit par l’énergie de Grace qu’il trouvait contagieuse, par sa nature passionnée qu’il trouvait gratifiante et par ses encouragements et son adoration qu’il trouvait irrésistibles. Grace s’enticha follement du solide jeune homme, si beau qu’elle le décrivait à tous comme une star de cinéma. D’autant qu’il faisait preuve d’une attention ardente et qu’il n’était pas avare de compliments.
JUIN
Le samedi 1er juin : Norma Jeane fête ses neuf ans.
Ce jour là, Grace obtint l’entière jouissance de tous les biens de Gladys et l’entière responsabilité quant à leur devenir.
Quelques jours lui suffirent pour ramener la Plymouth à son ancien propriétaire (qui annula la dette de Gladys) et pour vendre le piano (235$ qui revinrent, comme il convenait au magasin).
La maison d’Arbol Street fut vendue et l’hypothèque levée sans pénalité.
Grace établit aussi une liste des choses dont elle comptait obtenir le remboursement, des sommes qu’elle avait dépensé pour l’entretien de Gladys et de Norma Jeane :
- 24$ de salaire d’une infirmière nommée Julia Bennett
- 25$ versé à Emma Atchinson (la mère de Grace) pour l’entretien de Norma Jeane
- 49$ et 30 cents de pension à la maison de repos de Santa Monica (pour le séjour de Gladys en février 1934)
- 43$ et 16 cents pour des vêtements achetés à Norma Jeane.
AOUT :
Le samedi 10 août, Grace McKee se maria à Las Vegas (
) , avec « Doc » Goddard, chez une tante de Grace (Minnie Willette, sœur d’Emma Atchinson elle-même mère de Grace) qui servit aussi de témoin:
Rentrés à Los Angeles, les jeunes mariés s’installèrent dans un petit bungalow au 6707 Odessa Avenue à Van Nuys
(
)dans San Fernando Valley, de l’autre côté des collines d’Hollywood (
,
,
,
).
Norma Jeane y vécut avec eux, ainsi que Nona, une des filles de Doc qui l’avait suivi en Californie.
Le bungalow était modeste, Grace et Doc ayant des emplois irréguliers et n'ayant ni l’un ni l’autre d’économies.
Pour les Goddard, Norma Jeane était une bouche de trop à nourrir et Doc insista auprès de Grace pour qu’elle la place rapidement à l’orphelinat, le temps d'économiser un peu d'argent.
Grace céda. Pour Norma Jeane, c’était encore un lien brisé d’un seul coup, encore une promesse que l’on ne tenait pas, encore une fois, elle était la présence qui gênait.
Comme le lui avait dit Ida Bolender, sa propre mère l’avait abandonnée, et elle se rendait compte que l’on pouvait se débarrasser d’elle dès qu’elle devenait encombrante.
SEPTEMBRE :
Le vendredi 13 septembre : Grace déposa Norma Jeane à l’orphelinat de Los Angeles, le Los Angeles Orphans Home Society, au 815 North El Centro.
Elle fut inscrite comme le 3 463ème enfant abandonné à l’institut en vingt-cinq années d’existence.
C’était une maison de briques rouges, confortable et spacieuse, qui datait de l’époque coloniale ; mais elle restait néanmoins un orphelinat (
,
).
La bâtisse pouvait accueillir entre cinquante et soixante enfants.
Certains petits pensionnaires avaient toujours leurs parents : dans les années 20, un bon tiers d’entre eux étaient des fugueurs ou des gosses des rues « oubliés » par des miséreux ou des immigrants incapables de nourrir une descendance qu’ils n’avaient pas toujours désirée.
Dans les années 30, les parents tombés dans la pauvreté pouvaient demander un hébergement momentané pour leurs enfants. Ceux là, comme Norma Jeane, étaient des hôtes « temporaires ».
Les premières semaines, Norma Jeane se sentit terriblement isolée.
Elle y restera jusqu’en juin 1937, juste après son onzième anniversaire.
A l’orphelinat, la journée commençait à six heures et les enfants rangeaient leur chambre avant de descendre pour le petit déjeuner.
Les filles et les garçons occupaient des ailes séparées du bâtiment. Ils vivaient dans des chambres nettes et bien rangées qu’ils partageaient à quatre, cinq ou six.
Des équipes d’employés s’occupaient des repas et de l’entretien de l’institut, mais, pour développer leur sens des responsabilités, les enfants recevaient cinq ou dix cents par semaine en échange de menus travaux, attribués en fonction de l’âge et de la condition physique de chacun.
Les dirigeants de l’orphelinat, tout en encourageant les enfants à assister à la messe du dimanche, n’imposaient aucune règle religieuse.
Le dossier de Norma Jeane de 1935 la décrivait comme une « fille saine et normale, de bon appétit et de sommeil égal. Elle semble heureuse, ne se plaint pas et dit même aimer sa classe ».
Elle allait à l’école primaire de Vine Street (Vine Elementary) (4th et 5th grade) (jusqu’en juin 1937), à cinq minutes de marche de l’orphelinat.
De temps en temps, le samedi, Grace emmenait Norma Jeane en promenade, à déjeuner et au cinéma.
Elles préféraient les séances de fin d’après-midi où elles pouvaient applaudir les stars. Parmi les films, Norma Jeane vit « Mutiny of the Bounty » (« Les révoltés du Bounty ») avec Clark Gable, qui lui rappelait le sombre moustachu dont la photo avait orné les murs de la maison d’Arbol Street. La séance du samedi avait souvent lieu au Grauman’s Chinese Theater, et Norma Jeane essayait de mettre ses pieds dans les empreintes laissées par les stars sur Hollywood Boulevard.
Grace lui disait qu’elle essayait d’arranger les choses pour que la petite fille puisse revenir avec elle, à la maison..
sources : http://www.cursumperficio.net/1935.html